Filmer d’abord, vivre plus tard

Il est 11h59 ce lundi 29 avril et une foule compacte est massée sur Marienplatz, à Munich, face à l’imposant (et un tantinet prétentieux) hôtel de ville de style simili-gothique du début XXè. Tous les regards sont tournés vers la même direction, en l’occurrence une tour qui abrite une horloge ainsi que des automates, lesquels viennent se donner en spectacle sur le coup de midi. Et à midi pile, à la première note du carillon, des dizaines de bras se lèvent, brandissant un téléphone portable. Car à notre époque moderne où le progrès fait rage, il est devenu ringard de vivre l’instant présent en utilisant ses yeux : le premier réflexe est de filmer l’événement, pour le « partager » avec des gens qui s’en fichent complètement, et éventuellement pour le revoir dans un autre environnement, sans rapport avec celui d’origine. La technologie participe ainsi à appauvrir l’expérience du monde réel, en « faisant écran » entre celui-ci et le public. Mais voici que je me sens devenir un peu ronchon, atteint peut-être par la finkielkrautisation ambiante. Le prochain article sera plus positif, c’est promis.

Date de l’article d’origine : 6 mai 2019

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