Méthodes d’enquête au banc d’essai

Pour enquêter sur la manière dont les gens pratiquent les espaces verts et espaces naturels, il existe une méthode classique par entretiens sur le terrain, et une méthode moderne qui consiste à diffuser un questionnaire en ligne que les personnes peuvent remplir depuis chez elles. Celle-ci est bien entendu supposée plus efficace et prendre moins de temps. Voyons donc ce qu’il en est en pratique, dans le cadre d’une étude sur les usages d’un espace naturel départemental.

Lors de ma première sortie, je n’ai pas prévu de débuter l’enquête et je n’ai pas de questionnaire structuré, mais comme les promeneurs sont nombreux, l’occasion est à saisir, d’autant que j’ai de quoi prendre des notes, et j’engage donc la conversation avec les visiteurs sur des thèmes classiques (« Quelles activités pratiquez-vous, qu’aimez-vous ici, qu’est-ce qui ne va pas, quelles sont vos suggestions pour améliorer votre expérience du site », etc). Bilan de l’après-midi : 42 personnes rencontrées, et une masse d’informations exploitables. Mais puisque nous vivons une époque moderne, il me faut maintenant expérimenter un dispositif plus innovant.

Je recherche donc un site permettant de réaliser gratuitement des enquêtes en ligne, je m’inscris sur SurveyMonkey version gratuite qui m’offre généreusement le droit à dix questions, et je construis un petit questionnaire qu’il va s’agir de faire connaître et utiliser. Pour cela il y a différentes solutions, mais je profite d’un dimanche après-midi pour retourner sur le terrain et diffuser auprès des visiteurs une feuille portant l’adresse dudit questionnaire. Le public est au rendez-vous, mais comme je ne peux pas me contenter de distribuer le prospectus, je me sens obligé de baratiner un peu tout le monde en expliquant le pourquoi, le comment et tout ce qui s’ensuit, et comme les gens sont d’humeur causante, les opérations prennent pas mal de temps. Bien sûr, tout le monde va répondre, c’est promis-juré, et je force même un peu les choses en acceptant de remettre sur le bon chemin des promeneurs égarés en leur faisant d’abord promettre qu’ils répondront à mon questionnaire, ce qu’ils acceptent avec le sourire. A la fin de l’après-midi, j’ai échangé avec une soixantaine de personnes, distribué 14 questionnaires, pris aucune note, et il ne reste plus qu’à attendre.

Cela se passait dimanche dernier, nous sommes mercredi, je ne vois toujours rien venir et j’ai idée qu’il ne va plus se passer grand chose. J’ai pourtant vérifié que le questionnaire était bien accessible. Le bilan de cette méthode moderne est donc nul à ce jour. Je ne tire de cette expérience ponctuelle aucune conclusion à caractère général, mais pour ce qui me concerne, même si je n’abandonne pas cette piste, ma prochaine sortie se fera avec un carnet et un crayon, selon les bonnes vieilles méthodes ancestrales. Vous aurez droit à un bilan des opérations à la fin de l’été, quand l’enquête sera terminée. [Complément au 17/4/2020 : je confirme l’échec, même en ayant diffusé l’adresse du questionnaire via les réseaux sociaux et l’office de tourisme local ! Et je continue à utiliser papier et crayon].

Photo : sur le théâtre des opérations, un groupe équipé d’un tambour se dirige vers des sites mégalithiques pour se frotter aux menhirs et refaire le plein d’énergie tellurique. Les sociotopes bretons réservent parfois des surprises !

Date de l’article d’origine : 3 mai 2016.

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