Résurrection d’un square : chronique estivale

Photo L. Devernay

Installer du mobilier de jardin dans un square à l’abandon, c’est déjà bien ; mais prendre le temps d’observer ce qui se passe ensuite, c’est mieux, car cela peut apporter des enseignements utiles. C’est ce que mon camarade Ludovic et moi avons tenté de faire ces dernière semaines sur le square de la gare d’Hennebont, et j’ai tiré de nos échanges de mails et de photos une petite chronique estivale illustrée, téléchargeable ici, qui relate au jour le jour la vie de ce nouveau sociotope local.

Mobilier privé sur une place publique à Leucate (Aude) : la confiance ne règne pas !

Un enseignement très encourageant, c’est que nous nous attendions à ce que notre mobilier de jardin disparaisse rapidement, et qu’au bout d’un mois il est toujours là. Les messages inscrits à la peinture sur chaque élément y sont sûrement pour quelque chose, même si je ne doute pas que les habitants d’Hennebont soient particulièrement bien élevés et respectueux du bien commun. Ce constat soulève l’intéressante question de la confiance dans les autres, un domaine dans lesquels les Français sont notoirement mauvais, à en croire les enquêtes internationales régulièrement réalisées à ce sujet (voir par exemple ici l’étude intitulée « Confiance à autrui et sociabilité : analyse européenne comparative » (P. Bréchon, Revue internationale de politique comparée). L’absence de confiance dans les autres peut décourager quelque action altruiste que ce soit, puisque « de toute façon, les gens ne respectent rien » ; et s’il y a effectivement du vol et du vandalisme, cela légitime les « réalistes » (« On vous l’avait bien dit ! ») contre les « bisounours » – un terme politiquement connoté, très prisé des lecteurs du Figaro qui sont des gens réalistes quant à la nature humaine, et à qui on ne la fait pas.

Chaque jour qui passe, et où le mobilier reste en place, est ainsi une petite victoire des « doux rêveurs » idéalistes sur les réalistes épais. Cela ne durera pas éternellement ; mais c’est comme pour la vie elle-même : c’est son caractère éphémère qui fait toute sa valeur.

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