Au commencement (ou presque) était Jane Jacobs

Si l’histoire des idées vous intéresse, vous avez ci-contre un schéma que j’ai tiré de « How to study public life » (Jan Gehl & Birgitte Svarre, 2013) et qui présente le courant intellectuel dont sont issus par exemple la méthode des sociotopes et le mouvement du Placemaking. Ce parcours est jalonné par plusieurs livres marquants ou par des auteurs dont certains ont été présentés ou mentionnés dans ce blog ; ce sont par exemple Kevin Lynch, Edward T. Hall, Erving Goffman, Christopher Alexander, William H. Whyte qu’on ne présente plus ici, et bien sûr Jan Gehl. Même si ces auteurs n’ont pas tous été impliqués dans le domaine de l’urbanisme, ils ont en commun d’avoir basé leurs travaux sur l’observation du comportement des gens en public, d’où l’appellation « public life studies« . Ceux qui pratiquaient l’urbanisme, comme Gehl, ont cherché à appliquer la « dimension humaine » à leurs projets, en travaillant plus volontiers au ras du trottoir que sur des vues aériennes.

Jane Jacobs (dessin Josh Cochran)

Dans cette liste d’éminents personnages auxquels nous devons beaucoup, il manquait Jane Jacobs (1916-2006), que le schéma mentionne parmi les précurseurs pour son livre célèbre « The Death and Life of Great American Cities » (1961). Elle occupe une place un peu particulière par rapport à ses collègues, car elle n’était pas bardée de titres ni spécialiste de quoi que ce soit. Mais elle aura consacré toute sa vie à observer, comprendre et défendre l’âme des villes américaines. Elle était aussi une activiste, engagée dans des mouvements citoyens, et elle aura compris avant beaucoup d’autres certaines incidences délétères de la voiture en ville (pour en savoir plus sur elle, lire ici). Son livre majeur contient des pages lumineuses sur les rues et les espaces verts (deux thèmes à ses yeux indissociables) que je m’en vais vous présenter dans les jours à venir ; on trouve en effet dans ces textes des observations et des idées qui vont bien au-delà du cas des grandes villes américaines et qui concernent tout le monde.

2 commentaires

  1. Bonjour Jean Pierre, merci beaucoup pour tous vos articles. Je ne comprends pas le sens des trois flèches vertes sur le schéma, et vous ? Sachant que Jane Jacobs se trouve à la fois sur la flèche du haut et la flèche du bas. Merci pour votre éclairage ! Hippolyté

    1. Bonjour, et merci pour cette question judicieuse. En fait le schéma s’étend sur deux pages de livre, la page de gauche est intitulée « Before public life studies became an academic field » et couvre la période 1900 – 1950. Je n’ai mis que la page de droite, qui contient l’essentiel mais pas l’intitulé de la flèche du haut. Celle-ci correspond à « primary publications », celle du milieu à « inspiration » et celle du bas à « public life studies ». Comme les concepteurs de ce schéma ont considéré que l’ouvrage de Jane Jacobs relevait à la fois des « primary publications » et des « public life studies », il est logique qu’il apparaisse à deux endroits. J’espère que c’est clair ainsi, et désolé de n’avoir pas apporté cette précision à mes lecteurs. / Jean-Pierre

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