Planifier les espaces de jeux (8) : être opportuniste, et encourager la participation des habitants

Le site « Playing Out », créé par des habitants de Bristol. Exemplaire !

Les trois derniers principes proposés par Tim Gill sont (7) la prise en compte de la réglementation, de la gestion et de l’entretien, (8) la recherche d’opportunités et (9) l’incitation aux initiatives locales. Voyons de plus près les points 8 et 9, sachant que l’auteur développe peu le point 7, qui lui semble aller au-delà du propos de son livre.

Principe 8, Soyez opportuniste : Gill part du constat que les collectivités locales ont rarement du personnel ou des politiques spécifiquement consacrées à la « planification urbaine amie des enfants ». Dans ce contexte, l’opportunisme consiste à rechercher tous les programmes locaux qui ouvrent des possibilités d’agir en ce sens, qu’il s’agisse de projets d’équipements publics, de voirie, d’aménagement d’écoles ou d’adaptation au changement climatique, par exemple. « Il ne s’agit pas de minorer l’importance d’une planification à long terme, c’est seulement une réponse réaliste et pragmatique aux défis à relever si on veut avancer ».

En attendant le parc : aire de jeux dans une ZAC de Poitiers, 11 août 2021, 30° à l’ombre.

Principe 9, Encourager la participation des habitants : le titre exact est « develop supportive programming » – pas facile à traduire mot à mot si l’on n’a pas une idée du contenu. Et le contenu, c’est que l’implication directe des habitants (par des initiatives de Placemaking, des actions relevant de l’activisme ou encore des événements ponctuels) peut montrer des voies à suivre. Gill donne en exemple la campagne menée à Bristol par le groupe « Playing Out » (site remarquable, à voir ici), constitué par des parents excédés par les impacts du trafic routier et le manque de possibilités de jeux pour les enfants. Plus largement, le modèle « des rues pour jouer » [play streets] résulte souvent d’initiatives de résidents qui se regroupent pour fermer des rues au trafic selon des modalités variables. Dans un autre genre, Gill cite l’exemple de Reykjavik, qui ferma chaque vendredi soir un étage d’un parking destiné aux employés municipaux pour y accueillir des soirées « roller disco » gratuites. Enfin, ces initiatives locales peuvent aider les habitants à patienter en attendant l’achèvement – qui peut prendre des années – de programmes de logements ou de parcs publics. Ce dernier point me rappelle cette ZAC de Poitiers, dans laquelle les enfants d’un nouveau quartier d’habitat social doivent se contenter de pas grand-chose – le bitume au pied des immeubles, et un morne « espace de jeux » sans ombre (photo) – en attendant l’achèvement de la ZAC, qui comportera un parc public. C’est l’ennui lorsque la réalisation du parc arrive en fin d’opération alors qu’on aurait peut-être pu commencer par là, quitte à faire dans le « lighter/quicker/cheaper » en attendant mieux.

Lire l’article précédent sur le même sujet.

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