Planifier les espaces de jeux (7) : compter ce qui compte

Tim Gill souligne la nécessité de disposer de données adéquates, si l’on veut planifier correctement les espaces de jeux et évaluer leur fonctionnement : « les villes qui disposent de données complètes et détaillées sur leur population d’enfants, les équipements publics, les transports et les espaces verts peuvent concentrer leurs efforts sur les secteurs les plus en manque, les plus désavantagés, ou ceux qui offrent le plus de potentiel ». Il signale que parmi les 14 villes qu’il a étudiées, peu ont pris les moyens d’évaluer les effets de leurs politiques, ce qui est bien dommage car c’est un domaine dans lequel il reste beaucoup à apprendre.

Terrain de jeux KFC (kit, fence, carpet). Photo Helen Woolley / université de Sheffield

Un principe essentiel, c’est de mesurer ce à quoi nous donnons de l’importance, et non de donner de l’importance à ce que nous mesurons. Ainsi, les terrains de jeux britanniques ont longtemps été évalués à partir de listes de contrôle portant sur la présence et l’état d’équipements, les surfaces sécurisées, les clôtures et autres dispositifs. Mais on n’évaluait pas la richesse ou la variété des jeux possibles, l’intérêt de la localisation ou la qualité de conception. « Le résultat ? Le terrain de jeux KFC » (c’est à dire « Kit, Fence and Carpet », ou encore « modules, clôture et tapis souple », une conception que nous connaissons bien en France et sur laquelle nous reviendrons d’ici peu).

La première chose à faire, c’est de recenser et évaluer les données dont on dispose au niveau d’une ville, ce qui peut conduire à devoir les compléter ou les modifier. C’est ainsi que le gouvernement écossais a entrepris de réviser son outil Place Standard pour mieux l’adapter aux enfants. La ville galloise de Wrexham a quant à elle utilisé l’outil « Play Triangle », auprès des écoles et sur internet, pour vérifier si l’offre était adéquate, ce qui a permis d’identifier des priorités d’intervention (voir rapport Play sufficiency assessment). Parmi ces priorités figuraient les possibilités de jouer en hiver ou de jouer dans les rues, la proximité au domicile, les besoins spécifiques des adolescents ainsi que ceux des enfants handicapés ou marginalisés.

Gill propose (c’est son « outil 10 ») une liste d’indicateurs basés pour partie sur le travail réalisé en Inde par la Fondation Bernard van Leer. Je présenterai cet outil ultérieurement.

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