Planifier les espaces de jeux (6) : l’importance des personnes, et des politiques

Un maire parle des espaces verts avec les enfants de sa commune (Noyal-Muzillac, Morbihan)

Tim Gill constate que dans la plupart des villes qu’il analyse, « une personne (ou deux, ou parfois plus) est le catalyseur indispensable au changement. De telles personnes ont une vision et des valeurs claires sur les enfants et la ville. Et elles sont capables de négocier avec les divers services administratifs, de bâtir des partenariats avec des acteurs extérieurs, et de faire avancer les initiatives.

Deux facteurs expliquent ce constat. D’abord, le fait que le sujet est forcément transversal et multi-disciplinaire. Les enfants jouent dans des environnements très divers (parcs, terrains de jeux, espaces communs, écoles, rues, centres de loisirs etc), ce qui signifie que des politiques et des procédures variées sont concernées. Ajoutez-y la mobilité, et le degré de complexité s’élève encore. Ensuite, la « planification amie des enfants » est une notion émergente, et pour s’y lancer, il faut de l’innovation, de la créativité et de l’adaptabilité. Ce sont là des qualités qu’on trouve chez les gens, mais pas forcément dans les politiques ou les procédures.

Cela ne veut pas dire que les politiques n’ont pas d’importance. Bien au contraire, elles sont essentielles pour consolider le changement et le mettre dans le sens de l’Histoire. Mais il vaut mieux qu’elles se placent à l’aval du courant, une fois qu’on a testé les idées, mis en œuvre des initiatives, observé les implications, et qu’on en a tiré les leçons. ».

Gill insiste sur la nécessité de traduire les objectifs politiques en règles et en comportements, de manière à réduire la fragilité de politiques ou de projets ne reposant que sur une poignée de personnes, dont certaines peuvent d’ailleurs ne pas être réélues. Son idée selon laquelle les politiques doivent se placer « à l’aval du courant » me semble très intéressante. En termes de stratégie, les déclarations tonitruantes qui viennent se fracasser sur le premier obstacle ne sont pas très productives (je pense par exemple à ces annonces de « forêts urbaines » qu’il a fallu remballer à la hâte parce qu’on n’en avait pas vu toutes les implications et difficultés). Cette idée de tester d’abord et de proclamer les objectifs ensuite, je n’y avais pas pensé, mais elle me paraît nettement plus habile. Pour les activistes prompts à déplorer « le manque de volonté politique des élus », il y a là matière à réflexion.

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