Planifier les espaces de jeux (4) : impliquer les enfants de façon effective

Pour sûr, si on prétend travailler pour les enfants, il vaut mieux leur demander leur avis et même les faire participer aux projets. Mais il existe d’excellentes raisons de ne pas le faire, qui expliquent pourquoi ces démarches demeurent peu répandues. Voyons cela de plus près.

Pour Tim Gill, « les enfants ont beaucoup à apporter aux décideurs, aux planificateurs et aux concepteurs. En s’ouvrant aux perspectives et points de vue des enfants, on peut avancer dans des débats cruciaux sur la vision et les valeurs [voir article précédent] et se focaliser sur des objectifs de long terme, ce qui évite de s’enliser dans des détails. Cela peut aider aussi à construire du consensus, à surmonter des résistances et à dépasser des intérêts individuels, ce qui peut être précieux sur des terrains polémiques, par exemple en matière de place de la voiture. Les enfants tendent aussi à être plus créatifs, ouverts aux idées nouvelles, et moins contraints que les adultes par les considérations matérielles ou les objectifs politiques ou personnels. »

Photo Magali Touati / TerrAterre

En sens inverse, « le fait d’impliquer les enfants comporte des défis et des inconvénients. Il y faut du temps, de l’énergie, des ressources et du savoir-faire. Certains groupes d’enfants peuvent être marginalisés. Les enfants peuvent avoir du mal avec des perspectives qui dépassent largement leur expérience, ou avec des approches alternatives de la conception des aménagements. Par exemple, si leur expérience des espaces de jeux se limite à des équipements conventionnels, ils peuvent considérer que les discussions sur ces espaces se réduisent à des choix d’équipements. Ils peuvent également avoir du mal avec la complexité de certains aspects de la planification ou de la conception. Comme avec l’adulte moyen, on ne peut pas attendre des enfants qu’ils produisent de l’expertise en planification, ou qu’ils pallient l’absence d’expertise dans une équipe d’étude. (…) Les initiatives les plus réussies font appel aux forces des enfants, et il vaut mieux considérer l’implication des enfants comme de la matière pour un projet plutôt que comme un point de vue définitif ».

Voilà qui est clair, bien argumenté, et pour ma part ce point de vue correspond exactement à mon expérience de la question pour avoir impliqué des enfants dans plusieurs projets ces dernières années.

Lire l’article précédent.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s