Planifier les espaces de jeux (1)

Terrain de jeux à Vancouver.

Me voici en possession du livre de Tim Gill intitulé « Urban Playground : How child-friendly planning and design can save cities » (RIBA Publishing, 2021, 198 p). Un ouvrage riche, qui propose une approche à la fois méthodique et concrète, basée sur l’analyse de l’expérience de 14 villes (Anvers, Barcelone, Boulder, Edmonton, Fortaleza, Freiburg, Gand, Oslo, Recife, Rotterdam, Tel-Aviv, Tirana, Vancouver et Londres). Le cas de Rotterdam, que l’auteur estime le plus exemplaire, fait l’objet d’un chapitre spécifique. Pour information, la plus petite de ces villes est Boulder (Colorado, 108 000 h.), mais n’allez pas croire que ce livre ne vous concerne pas au motif que votre commune n’a que 5000 habitants : la plupart des idées semblent valables quelle que soit la taille du territoire.

Une des qualités de ce livre est qu’au lieu de se précipiter dans des calculs de ratios de cages à écureuil ou de terrains de basket par tête d’habitant, il commence par remettre le thème du jeu au cœur de la conception des espaces urbains et le fait ainsi sortir de ses emplacements réservés. Très révélatrice à cet égard est la citation, en tête d’un des chapitres, d’un certain Francesco Tonucci, « activiste de la ville amie des enfants » : « Quand on a cessé de permettre aux enfants de sortir de chez eux tout seuls, on a inventé les parcs pour enfants. Ces espaces sont répartis à travers les villes et ce sont tous les mêmes. Quand je les vois, et que j’en discute avec des fonctionnaires, des maires ou des architectes, je dis toujours qu’ils ont été conçus par des gens qui n’ont pas eu la chance d’avoir une enfance ». Le ton est donné : c’est l’ensemble de l’espace urbain, y compris bien sûr la voirie, qui doit pouvoir se prêter au jeu.

Ce livre a tout de même un inconvénient, c’est qu’il semble se focaliser sur les enfants en excluant d’autres types de publics, bien que son principe n° 1 soit « Prendre en compte la diversité, l’égalité et l’inclusion ». En réalité, il s’intéresse également aux jeunes (cf les développements sur le thème « Designing parks for teens »). En ce qui concerne les publics plus âgés, et la possibilité de concevoir des espaces de jeux appropriés à tous les âges, il s’en remet à l’idée selon laquelle « un environnement favorable aux enfants est bien pour tout le monde ». On pourra voir là un postulat un peu simpliste et qui mériterait d’être démontré ; toutefois, les exemples donnés dans les 14 villes ci-dessus suggèrent que dans la pratique, il tient la route.

Les articles à venir aborderont, à partir de cet ouvrage, divers aspects de la planification des terrains de jeux en environnement urbain.

Un commentaire

  1. Francesco Tonucci qui a fortement inspiré le Maire de Pontevedra et est largement cité par ce dernier aussi ! à Pontevedra le « chemin de l’école » est basé sur l’autonomie de l’enfant dans la ville, au contraire de l’accompagnement mis en France par les « pedibus ». La ville doit être conçue pour les plus fragiles donc pour tous, c’est du moins ce qui a été appliqué à Pontevedra. plus la ville est piétonne, moins les espaces de jeux ont besoin d’exister ;-), la rue est un espace de jeux.
    merci pour cette série d’articles qui s’avère passionnante !

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