Planifier les aires de jeux

Confinement Covid en Grande-Bretagne (photo Olly Wainwright)

Il fut un temps où la question des aires de jeux pour enfants en ville ne se posait guère, parce que la rue elle-même était un terrain de jeux et qu’il y avait souvent des terrains vagues où les enfants du voisinage pouvaient improviser des jeux. Cette époque est révolue et l’aire de jeux est devenue un équipement public parmi d’autres, dont l’implantation relève le plus souvent d’une volonté planificatrice qui incombe à la collectivité. Dès lors se posent des problèmes de méthode, car l’offre d’aires de jeux doit prendre en compte et autant que possible anticiper une demande qui ne cesse d’évoluer avec la démographie urbaine.

La rue comme aire de jeux (photo Olly Wainwright)

Nous avons vu ici qu’une des premières applications de la méthode des sociotopes aura été de définir, en l’occurrence à Stockholm, des lignes directrices pour la planification urbaine, du type « un espace vert calme avec aire de jeux à moins de 300 m de chaque domicile », « un espace naturel de jeux et une prairie à moins de 500 m », « un lieu d’événements et une aire de jeux de ballon à moins de 1000 m », etc. Cette approche, qui se répand aujourd’hui y compris en France, peut sûrement donner de bons résultats. Elle mérite toutefois d’être affinée pour tenir compte des mutations démographiques, en visant la plus grande polyvalence possible pour limiter les risques d’obsolescence liés par exemple au vieillissement de la population ; et elle peut conduire à une coûteuse fuite en avant, si elle aboutit à créer sans cesse de nouveaux équipements alors qu’il pourrait être plus intéressant de tirer le meilleur parti d’espaces déjà existants, y compris des espaces de voirie.

La rue comme aire de jeux (photo Olly Wainwright)

Cette question de la planification des aires de jeux a fait l’objet d’un livre de Tim Gill, « Urban Playground : How child-friendly planning and design can save cities », paru en 2021 et encensé par la critique (informations ici sur l’auteur et le livre). Au sommaire : 1) La planification urbaine et les enfants, 2) Qu’est-ce qu’une planification urbaine amie des enfants, et pourquoi est-ce important ?, 3) Transformer une ville inappropriée, 4) Des villes adaptées aux enfants à travers le monde, 5) Travaux pratiques : principes et boîte à outils, 6) La suite ?

Cet ouvrage nourri d’innombrables expériences est manifestement pratique et orienté vers l’action sur le terrain. Mais il mettra sans doute du temps à se diffuser en France, car il y a l’obstacle de la langue (il est en anglais !) et du prix (48 €). Ne reculant devant aucun sacrifice, je viens de le commander de manière à pouvoir le faire connaître ici.

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