Revitalisation de bourg et sociotopes : un exemple (en feuilleton)

Le bourg de Plonémet, à l’arrière-plan

La commune bretonne de Plonémet a décidé en 2021 de lancer une étude de revitalisation de son bourg, et je suis associé à cette opération, notamment en tant que « sociotopologue » de l’équipe retenue (au passage, ce nom de Plonémet n’existe pas mais je l’emploie pour le moment par précaution, car les études sont en cours).

Il s’agit d’une commune péri-urbaine de 6000 habitants, en croissance rapide (la majorité des habitants sont des « néos ») et qui possède plusieurs kilomètres de littoral sur des fonds de rias. Le bourg lui-même comporte un tout petit noyau ancien, pour le reste il s’agit d’agglomérats peu structurés qui s’étirent sur plus de 2 km entre une zone commerciale au sud et la campagne au nord. La chose est un peu informe, et le passage d’une voie rapide crée de fortes tendances centrifuges, d’où l’étude de revitalisation. Au surplus, la voie ferrée qui passe au nord du bourg coupe celui-ci d’un gros quartier pavillonnaire récent. On pressent donc un sujet un peu compliqué, mais n’est-ce point là un stimulant défi pour un bureau d’études ?

Me voilà donc, en août dernier, parti à étudier les sociotopes locaux. Par acquit de conscience, je jette un coup d’œil sur le rapport de présentation du PLU de 2019. 362 pages, dont 50 pages sur les espaces et espèces protégés. On y apprend avec intérêt que le loup fait partie de la faune locale, car il en a été vu un il y a 207 ans, et qu’on le trouve dans « tous types de milieux », mais pas un mot sur les espaces verts, les conditions d’accès des habitants à la nature et les pratiques des espaces de plein-air. Comme d’habitude, tout reste à faire, et ma méthode va consister pour le moment à parcourir des kilomètres à pied dans le bourg et aux environs, jusqu’à rencontrer quoi que ce soit qui ressemble à un sociotope. Et comme je dois m’occuper aussi de l’accessibilité des trottoirs, les deux missions se combinent bien (1).

Le parvis de l’église aménagé en giratoire

A la fin de la journée, la moisson est modeste : j’ai trouvé un petit parc public avec des jeux entre la mairie et un ensemble d’habitat collectif social, et un autre petit bout de parc avec aussi des jeux, le long d’un ruisseau sous le bourg. Mes premiers entretiens sont avec une grand-mère et sa petite -fille, et deux adolescentes qui bavardent en faisant de la balançoire, c’est ici leur lieu favori pour se rencontrer. Il y a aussi un plateau sportif avec une maison des jeunes, l’endroit semble prometteur mais en ce jour d’août il n’y a pas grand-monde, ce sera à revoir. Pour le reste, les espaces verts des lotissements ne montrent guère de signes de vie, je fouine un peu aux abords du collège mais je ne trouve aucun indice, la mer arrive à 120 m du bourg mais il n’y a pas moyen d’y aller, et on ne la voit même pas. Rien non plus qui ressemble à une vraie place, le parvis de l’église sert de giratoire et le banc qui s’y trouve ne donne pas envie de se poser.

Une journée de terrain en août ne suffit pas à comprendre comment les gens utilisent les espaces extérieurs. Il va falloir revenir après la rentrée, et surtout enquêter. Comme nous avons prévu plusieurs rencontres avec les habitants en général, plus les ados, les collégiens et les enfants des écoles, nous allons en savoir bien davantage. Ce sera l’objet des articles à venir.

(1) Illustration du fait que, comme nous l’avons déjà vu, il n’est pas forcément très coûteux d’intégrer un volet « sociotopes » dans un budget d’étude dès lors que celui-ci prévoit de faire du terrain.

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