Remédier aux carences en espaces verts

Voilà un sujet qui m’a bien occupé ces derniers mois, et soit dit en passant c’est aussi un sujet sur lequel travaille l’agence d’urbanisme de Bordeaux, auprès de laquelle je suis récemment intervenu pour présenter la méthode des sociotopes.

Nous avons vu ici qu’il est possible d’évaluer les carences en espaces verts en utilisant notamment la méthode des isochrones, basée sur le temps de marche, mais on peut combiner celle-ci avec d’autres approches telles que l‘intégration spatiale, qui analyse les complexités de parcours, et bien entendu l’enquête auprès des habitants. Une fois le diagnostic posé, avec une carte des secteurs en situation de carence, il reste à rechercher des solutions, tant à l’intérieur de ces secteurs que dans leur environnement proche. Celles-ci peuvent relever de trois catégories :

  • Tirer un meilleur parti d’espaces verts existants mais sous-utilisés : si la carte des carences est établie à partir de la carte des espaces verts ayant une valeur d’usage significative, on peut commencer par s’intéresser aux espaces verts dont la valeur d’usage est faible à nulle. Il n’en manque pas dans certains quartiers, mais une des difficultés, c’est qu’on risque de tomber chez des bailleurs sociaux qui s’accommodent assez bien d’avoir des espaces verts stériles, dont la « mise en valeur » se résume à des tontes répétées.
  • Mieux relier des secteurs en carence à des espaces verts distants : tout en restant à distance de marche (15 minutes au maximum), il peut y avoir moyen d’offrir aux liaisons plus confortables et agréables, de manière à ce que le trajet fasse partie intégrante de l’activité de plein-air au lieu d’être une corvée. Récupération des trottoirs, plantations, verdissement, sécurisation des traversées… peuvent faire partie du programme. On peut aussi chercher des solutions pour créer des raccourcis piétonniers (par emplacement réservé au PLU par exemple).
  • Créer des espaces verts publics là où il en manque : par acquisition foncière, à l’occasion d’un projet immobilier ou de renouvellement urbain, dans un cadre fixé par le PLU (orientations d’aménagement et de programmation, règlement…), il y a toute une palette d’outils juridiques mais il faut au préalable une volonté politique.

L’image du haut propose diverse solutions pour le quartier fortement carencé, en rouge : 1) création d’un parc public (engagée) dans le cadre d’un projet de renouvellement urbain, 2) création d’un jardin public dans le même cadre, 3) mise en valeur d’espaces verts d’habitat social, 4) création d’un cheminement vers un parc en projet, 5) création d’un cheminement le long d’une voie ferrée désaffectée pour atteindre un parc public, 6) verdissement d’un cimetière. Sur l’image du bas, il est proposé : 1) ouverture d’un parc appartenant à une institution religieuse, 2) aménagement d’un espace vert public sans valeur, 3) comme précédemment, création d’un cheminement le long d’une ancienne voie ferrée pour accéder à un parc public.

Certaines solutions peuvent être bien plus simples : sur la photo ci-dessus, prise également dans un quartier carencé, on voit l’accès à un parc public depuis une voie publique sur le terrain d’un Ehpad visible à l’arrière-plan. Il y a des gens qui connaissent le truc, et on a là un bel exemple d’accès créé par l’usage, mais avouez que cela ne donne pas envie ; j’ai moi-même hésité un moment avant d’y passer. L’aménagement d’un vrai passage bien indiqué n’est peut-être pas hors d’atteinte ? On est quasiment là dans le « lighter / quicker / cheaper » !

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