Diversité des usages sociaux des espaces littoraux, de la Bretagne à la Normandie

La plage de Dieppe, 1er octobre 2021.

Voilà un titre qui ferait bien pour un mémoire universitaire, mais rassurez-vous, mon propos est simple et peut se résumer en ces quelques mots : « la Bretagne, c’est mieux ». Je m’explique.

Concarneau, le Cabellou, 10 octobre 2021

De la distinguée plage de La Baule à l’austère côte des Abers, la Bretagne offre un littoral extraordinairement varié, avec une multitude de topographies, de saillants, de rentrants et de recoins qui se prêtent à une non moins extraordinaire diversité de fonctions et d’usages. Me baladant il y a quelques jours autour de la pointe du Cabellou à Concarneau, qui offre toutes les expositions possibles, j’ai entrepris de dresser la liste des activités qui s’y déployaient, mais elle est si longue que je vous en fais grâce. Cela m’a un peu rappelé le tableau d’une plage anglaise décrit par le Britannique Brian Viner (ici dans ce blog).

Le Tréport, 30 septembre 2021. Pour capter le soleil ici, il vaut mieux tourner le dos à la mer.

Quelques jours auparavant, j’étais en Haute Normandie, contemplant avec respect les murailles de craie qui, sur 140 kilomètres, dominent des grèves de galets, et constant qu’il n’y a pas grand-chose à faire ni en haut (pas de sentier littoral, trop dangereux) ni en bas (trop dangereux aussi, peu de gens ont envie d’être ensevelis sous un pan de falaise ou de prendre un bloc de silex sur le crâne). La vie sociale se concentre au fond de quelques replis, où la principale activité consiste à aller et venir sur une promenade aménagée. Dans Les pieds dans l’eau, l’écrivain Benoît Duteurtre, fin connaisseur d’Étretat et de son microcosme, décrit ainsi la chose : « la vie balnéaire paraît fondée sur la répétition de gestes apparemment pénibles : mettre les pieds dans la mer glacée, prendre un bain de soleil sur les cailloux, résister à la bise du nord en plein mois d’août, se baigner sous la pluie, accomplir inlassablement la même promenade entre deux pans de falaise. Tout cela s’apprend et finit par se déguster(…) ». La mer et le rivage apparaissent ici comme une sorte de toile de fond pour la scène sociale assez ritualisée qui occupe les échancrures du littoral. C’est un peu comme au musée, et ce n’est pas un hasard si la région a tant inspiré les peintres : on contemple à distance, on apprécie la douce lumière et la mer opale, mais on n’y touche pas trop.

Rien de tel en Bretagne, où chaque mètre carré d’estran est susceptible d’être librement, pleinement et démocratiquement utilisé et où, à part quelques rares stations un peu chic, cet effet de scène sociale n’apparaît pas vraiment.

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