Comment remédier aux carences en espaces verts ?

Nous avons vu récemment qu’il n’est pas très compliqué d’identifier les carences en espaces verts dans un territoire donné, grâce aux outils de calcul des temps de marche tel qu’Open Route Service et à condition que les espaces verts retenus pour le calcul aient un minimum de valeur d’usage. Mais une fois que l’on connaît les quartiers concernés par une telle carence, comment peut-on y remédier ?

La ville de Bruxelles nous offre un exemple d’une politique planifiée d’amélioration de l’offre d’espaces verts (le « Plan Nature »), basée sur un diagnostic précis de l’offre et des carences. Vous avez ci-contre en haut la carte de l’offre existante et en dessous celle des carences, qui semble d’ailleurs (malheureusement) se référer à des distances à vol d’oiseau et non à des temps de marche. Le programme d’action comporte deux volets principaux qui nous intéressent, dont l’un porte sur la mise en valeur d’espaces publics existants mais non utilisés comme espaces verts, et l’autre sur la stratégie foncière à engager pour que la collectivité puisse acquérir des espaces stratégiques.

Ces deux dispositifs sont importants mais il pourrait y en avoir d’autres. Ainsi, la question de l’accessibilité n’est pas abordée. Ne serait-ce pas un effet de cette désastreuse méthode du calcul des distances « à vol d’oiseau », qui occulte par une notion de géométrie abstraite les réalités auxquelles sont confrontés les habitants ? La création de cheminements plus efficaces, ou un aménagement plus accueillant des accès aux espaces verts, pourraient participer à améliorer la « desserte en espaces verts ».

En ce qui concerne les aspects fonciers, et pour revenir à la France, divers outils peuvent être mis en œuvre :

  • Le droit de préemption urbain peut faciliter des acquisitions d’espaces jugés stratégiques pour la création d’espaces verts.
  • L’institution d’emplacements réservés au PLU (Plan local d’urbanisme) peut avoir le même objectif.
  • Dans les PLU également, les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) peuvent imposer la réalisation d’espaces verts accessibles au public, que leur statut soit public ou privé.
  • Le règlement du PLU peut aussi imposer la réalisation d’espaces verts à usage collectif. Les résultats de telles mesures ne sont pas toujours brillants, comme le montrent les innombrables confettis engazonnés qui parsèment nos lotissements, mais rien n’interdit d’imposer des règles plus exigeantes (espace d’un seul tenant, bien situé, visible et accessible…). La combinaison entre le règlement et une OAP localisant le futur espace vert peut être une bonne solution.
  • Indépendamment du PLU, toutes les opérations de renouvellement urbain peuvent offrir des opportunités de créer de nouveaux espaces verts, et il appartient aux collectivités d’exprimer leurs attentes en la matière.

Resterait à savoir, car c’est important pour une bonne planification, s’il est utile d’imposer des normes du type « x m² d’espaces verts de tel ou tel type à moins de x minutes de marche pour tous les habitants ». C’est là un sujet que nous avons abordé à plusieurs reprises et il semble que cette approche ait donné de bons résultats là où elle a été mise en œuvre. Toutefois, on peut lui reprocher un risque de saupoudrage, et par ailleurs on entend d’ici des élus dénoncer par avance le caractère trop systématique et contraignant de telles normes (dès 1973 un sénateur s’était illustré dans ce registre, lire ici dans ce blog).

Nous reviendrons sur tous ces sujets dans les prochains mois.

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