Des jardins pour la pluie à Göteborg

Parc de pluie à Göteborg, photo Peter Svensson

Une des principales raisons qui découragent les gens de fréquenter les parcs, c’est la pluie. Sauf à Göteborg (Suède), car le Guardian du 6 mai 2021 nous apprend que pour arroser son 400è anniversaire, la ville a décidé de faire de la pluie un atout. Le designer Jens Thoms Ivarsson a été embauché voici trois ans pour mettre en œuvre le programme « Rain Gothenburg », qui est censé « positiver » l’image de la cité et encourager les habitants à sortir de chez eux durant les 40 % du temps où il pleut. A terme, il s’agit de faire de Göteborg « la meilleure ville du monde par temps de pluie ». Notons au passage que Göteborg, avec 760 mm de précipitations par an, est à peine plus arrosée que Nice (740 mm) et beaucoup moins que Bergen (Norvège) qui détient le record d’Europe avec 2250 mm, soit le triple. Mais les précipitations y sont assez régulièrement réparties sur l’année.

Une des idées fortes du projet est de tirer parti de l’eau de pluie pour aménager des rigoles, des flaques et des bassins, permettant aux enfants d’y patouiller joyeusement. L’article du Guardian commence par ce témoignage d’une mère de famille :

« Quand ils se lèvent un samedi matin pour voir la pluie ruisseler sur les fenêtres de leur appartement, Enja Backström, quatre ans, et son frère Charlie, six ans, ont souvent envie de sortir pour jouer. Cela vient du fait que le terrain de jeux du quartier a été conçu pour être spécialement amusant quand il pleut. Il y a des creux dans le sol pour rendre les flaques plus profondes et mieux pour s’éclabousser, et l’eau collectée sur des abris en forme de nénuphars s’écoule dans des rigoles jusqu’à un bac à sable où les enfants peuvent faire des bassins, des rivières et des barrages. « Les enfants adorent rouler à vélo à travers les flaques, et mon fils aime creuser dans le sable, donc certaines parties du terrain de jeux sont vraiment bien quand il pleut », dit leur mère Jessica Bäckström ».

Le grand projet du moment est le parc « Rain Station 365 », qui comportera des sculptures, mais au-delà de ce « coup » médiatique qui fait parler, il est remarquable que le projet « Rain Gothenburg » soit intégré dans tous les projets d’aménagement de la ville, des cours d’écoles aux programmes de logements en passant par la prise en compte des sans-abri. Ainsi, la nouvelle école de Torslanda veut devenir « la meilleure école du monde quand il pleut », grâce à la réalisation d’un cours d’eau temporaire traversant l’école avec des bassins, une cascade et même un delta aménagé en zone humide (vidéo du projet ici en réalité virtuelle).

Bergen, 2250 mm de pluie par an

Ivarsson déplore que Bergen ait complètement raté cette opportunité de valoriser la pluie : « 99 % des photos sur le site de l’office de tourisme sont prises sous le soleil, alors qu’il pleut 256 jours par an. Ils tentent de fermer les yeux sur le fait que la ville est pluvieuse, parce qu’ils voient la pluie comme quelque chose de mal ».

Comme nous l’avons mentionné ici en 2011 au retour d’un voyage d’étude à Stockholm, il y a dans ce rapport avec les éléments naturels une dimension culturelle qui caractérise les pays germano-nordiques et les distingue fortement de nous autres Latins, marqués par une civilisation raffinée (voir cet article). La route est longue pour nous rapprocher de l’exemple de Göteborg, mais la tendance actuelle à la « renaturation » des cours d’écoles montre qu’il peut y avoir de l’espoir.

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