Évaluer les carences en espaces verts

Une manière a priori simple d’évaluer l’offre d’espaces verts, et donc ses éventuelles carences, c’est de cartographier les espaces verts d’un territoire et de tracer autour un cercle représentant une distance à vol d’oiseau correspondant à une distance raisonnablement atteignable à pied, disons 700 m pour un trajet de 10 minutes. On peut ainsi voir les secteurs bien dotés en espaces verts et ceux où l’offre est insuffisante.

Cette méthode soulève deux problèmes principaux : celui de savoir quels espaces verts on prend en compte, et celui de la « distance à vol d’oiseau ». Sur ce dernier point, nous avons vu ici à plusieurs reprises qu’elle n’est pas appropriée aux bipèdes que nous sommes, et qu’il vaut bien mieux se baser sur la notion de temps de marche sur des parcours réels. Nous avons vu également qu’il existe aujourd’hui des bons outils en ligne permettant de faire ce genre de calcul automatiquement : Géoportail bien sûr, mais aussi et surtout OpenRouteService, qui a la grande qualité de permettre le cumul de plusieurs mesures sur la même carte, ce qui n’est pas possible avec Géoportail. En fonction du mode de déplacement choisi, ces deux outils se basent sur les routes, les rues, les chemins et les sentiers figurant sur la carte de base (IGN ou OpenStreetMap), et bien sûr il peut y avoir des erreurs mais globalement c’est fiable, j’ai vérifié.

Le premier point est un peu plus complexe, car si vous vous basez sur le plan des espaces verts du territoire qui vous intéresse, vous risquez d’y trouver des lieux sans valeur d’usage ni attraits particuliers, et même s’ils ont le mérite d’exister, ils n’ont en l’état pas grand-chose à offrir aux habitants. Donc vous avez intérêt à faire porter votre analyse sur des espaces ayant déjà un minimum de valeur, ce qui nécessite un travail préalable d’évaluation, mais vous disposez pour cela du bel outil tout neuf proposé ici il y a quelques jours.

La carte ci-dessus montre un territoire communal sur lequel je me suis livré à cette expérience. J’ai retenu la vingtaine d’espaces verts caractérisés par une valeur d’usage correcte ou bonne, et les jolis coquelicots rouges correspondent au rayon de 10 minutes de marche calculé par OpenRouteService. On voit tout de suite que certains secteurs de cette ville de 60000 habitants n’ont aucun espace vert décent à moins de 10 minutes, que dans d’autres il n’y en a qu’un (donc pas de possibilité de choix, ce qui peut être ennuyeux à la longue), et que dans d’autres des habitants chanceux ont le choix entre deux ou plusieurs espaces verts. A partir de là, il ne semble pas très compliqué d’identifier des secteurs prioritaires pour créer de nouveaux espaces verts, ou pour améliorer la valeur de ceux qui ne servent pas à grand-chose.

Évidemment, on peut faire plus, mieux ou pas pareil, en sélectionnant les espaces sur d’autres critères, ou en faisant varier les distances – à chacun de voir selon ses besoins. Le propos était juste de montrer que sur ce sujet important pour la qualité de vie des gens, il existe de bons outils permettant d’alimenter d’utiles réflexions et même, qui sait, de construire des programmes d’action.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s