La méthode australienne au banc d’essai

Quoi de mieux, pour tester la méthode australienne d’analyse des espaces publics, que de l’essayer dans le meilleur sociotope de ma commune ? Cet endroit, déjà présenté ici à diverses reprises (ici par exemple), est une prairie communale bordant un haut d’estuaire dans un environnement boisé et calme. Cette prairie est longée par un chemin de halage très fréquenté et on peut y accéder aussi en voiture ; il y a là un parking, des toilettes sèches et une camionnette avec terrasse proposant de la petite restauration en bordure du halage.

Ce samedi 24 avril, j’arrive sur le coup de 18 h, à vélo et avec mon questionnaire. Il y a du monde, une bonne cinquantaine de personnes installées autour des tables, sur les bancs ou dans l’herbe, sans parler des gens qui passent à pied ou à vélo. Comme j’aperçois un mouvement de reflux, je commence immédiatement mon comptage en me plaçant au centre du site, mais je me rends compte que je n’arriverai pas à faire le travail en cinq minutes comme le demande le formulaire. En effet, mon secteur d’observation s’étire sur 300 m, je n’arrive pas à voir tout le monde, j’ai déjà du mal à faire le recensement complet, davantage à distinguer hommes et femmes car il y a des gens que je vois mal, et plus encore à dénombrer les gens par tranche d’âge – en fait, je jette rapidement l’éponge, d’autant que tout en essayant de renseigner le tableau des personnes statiques il faut que j’essaie de remplir le même tableau pour les gens en déplacement, et comme il en vient de partout, c’est quasiment mission impossible.

Première conclusion : cinq minutes, c’est beaucoup trop court et il m’aurait fallu un quart d’heure. J’ai été incapable de produire des tableaux exploitables, je sais juste pifométriquement qu’il y a à peu près autant de femmes que d’hommes et que toutes les tranches d’âge sont représentées, ce qui n’est déjà pas mal.

La page suivante du questionnaire, centrée sur l’observation du lieu, me semble en revanche bien faite. Je n’ai pas de mal à la remplir, il manque juste la rubrique « pique-nique » dans la liste des activités à cocher, je l’ajouterai dans une prochaine version. Et peut-être aussi la présence d’une « voie verte » ou équivalent à la rubrique « équipements ».

La dernière page, qui porte sur l’évaluation, me paraît très bien également. Je n’ai aucun mal à renseigner toutes les rubriques et je m’aperçois que mon « meilleur sociotope » décroche des notes remarquables : 5/5 pour l’accessibilité, 4/5 pour les activités, 4,5/5 pour l’attrait et la possibilité de séjourner, 3,3/5 pour les possibilités de se connecter aux autres, soit un total de 16,8 sur 20. Les quelques points faibles se rapportent à l’absence d’activités culturelles sur le site et à la rareté des services aux alentours, et je ne vois pas grand-chose à améliorer si ce n’est proposer un point d’eau, ajouter des bancs et en placer certains en angle pour favoriser la conversation.

Conclusion globale, et provisoire en attendant d’autres tests : le questionnaire est à la fois simple, clair et relativement complet, il permet de réaliser une analyse fouillée en peu de temps, mais le protocole de comptage est trop lourd pour être correctement mis en œuvre en cinq minutes. Mais rien n’interdit de le simplifier, ou alors d’y passer davantage de temps.

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