Analyser la qualité des parcs sans sortir de chez soi ?

Des pièces d’eau, un terrain de boules, des jeux pour enfants et un enclos pour animaux sont cachés dans le paysage. Cherchez-les !

Nous avons jadis vu ici qu’une méthode australienne dite POSDAT (Public Open Space Desktop Auditing Tool) a été mise au point pour permettre d’évaluer la qualité des parcs et espaces verts depuis un ordinateur. Cette information peut faire hausser les épaules des gens sérieux dans mon genre, qui ne jurent que par le Terrain – le carnet de notes, les godasses boueuses, le casse-croûte dans le sac à dos, le contact avec l’autochtone… – et méprisent les facilités des gadgets modernes. Mais lorsque, comme c’est mon cas actuellement, on a 460 espaces à évaluer sous l’angle de leur valeur d’usage et qu’on est soumis à des contraintes de délais et de budget, on peut en arriver à trouver quelques vertus à cette méthode, et à comprendre ces Australiens qui avaient eu 3460 sites à évaluer dans la région de Perth. Fontaine, je ne boirai pas de ton eau…

Me voici donc, ces derniers temps, à scruter la photo aérienne d’un territoire urbain, pour essayer d’y discerner tout ce qui pourrait m’aider à classer la valeur d’usage des espaces verts sur une échelle de 0 à 3. Ce genre de travail est facilité de nos jours par la haute définition des vues aériennes, qui permet de voir des détails très fins. Enfin, en théorie, car lorsqu’il y a beaucoup d’arbres – ce sont des choses qui arrivent dans les parcs dignes de ce nom -, on voit difficilement à travers et on peut rater beaucoup d’informations. C’est donc là qu’intervient le second volet de la méthode, qui consiste à aller chercher de l’information sur internet ; et il faut reconnaître que cela permet d’éviter des erreurs grossières. L’illustration ci-dessus montre le plus beau parc de la ville. Si vous arrivez à y deviner la présence d’un ruisseau, de pièces d’eau, d’un enclos pour animaux, de jeux de boules, de chaises longues, de jeux pour enfants…, vous êtes vraiment très fort, car tout cela est masqué par les arbres. Mais ces informations, ainsi que de nombreux points de vue d’usagers, peuvent être obtenues en quelques clics.

Le travail d’observation sur photos est évidemment d’autant plus simple que l’espace est dégagé – on arrive à distinguer des bancs, et même à savoir s’ils sont utilisés en recherchant des traces d’usure de l’herbe aux alentours. Mais le problème est qu’en général, plus un espace est dégagé, moins il a de chances d’être utilisé, si ce n’est pour des usages spécifiques tels que des jeux de ballon. Quant à la recherche d’informations sur le Net, cela fonctionne pour les espaces verts bien identifiés et régulièrement fréquentés par le public général, mais pas pour les innombrables – et souvent pitoyables – rectangles engazonnés au pied de barres d’immeubles. Mais il est vrai que dans ce cas, un coup d’œil à la vue aérienne peut suffire à présumer que leur valeur d’usage est quasi nulle.

En résumé, et au vu de ma récente expérience, la méthode POSDAT semble efficace pour établir au minimum des présomptions. Elle peut dispenser d’aller sur le terrain lorsqu’il est clair que des lieux n’ont à peu près aucune valeur d’usage, mais le terrain est à mon avis indispensable pour lever des incertitudes, pour compléter les données collectées, et bien sûr pour échanger avec les usagers et pratiquer les sites par soi-même. Si elle peut permettre de gagner en productivité, elle requiert de la prudence si on veut éviter de commettre de grosses erreurs qui pourraient affecter la crédibilité d’une étude.

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