Mesurer le niveau sonore des espaces verts

Les espaces verts sont a priori des endroits où les gens aiment bien trouver le calme, et ceux qui sont très exposés au bruit risquent donc d’être peu appréciés et fréquentés. L’ennui, c’est qu’un bon nombre d’espaces verts urbains sont bordés de rues à fort trafic, et que certains – comme ceux que j’ai parcourus aujourd’hui – ont été établis dans des reliquats fonciers publics longeant des routes à grande circulation. Dans le cadre d’un inventaire d’espaces verts, il peut donc être intéressant de se pencher sur l’exposition au bruit, pour en arriver éventuellement à la conclusion que les sites les plus exposés peuvent difficilement être comptabilisés au même titre que les autres dans l’offre globale d’espaces verts.

Pour mémoire, il est généralement considéré (voir par exemple ici) que les espaces verts peuvent être classés dans trois catégories :

  • moins de 55 dBA : ambiance calme
  • de 55 à 65 dBA : ambiance moyenne
  • plus de 65 dBA : ambiance bruyante
64 dB(A) : à la limite de l’acceptable

Une bonne manière de se rendre compte de la situation, c’est de faire des mesures soi-même. Je me suis ainsi procuré, pour quelques dizaines d’euros sur Le Bon Coin, un sonomètre à main qui propose une utile fonction de « lissage », permettant de se faire une meilleure idée du niveau sonore moyen. Évidemment, cette méthode artisanale pourrait faire sourire les pros de l’acoustique, avec leurs matériels et leurs logiciels, mais il me semble qu’elle donne une bonne idée de la réalité si on choisit bien son moment. Ce genre d’exercice permet aussi au passage de mesurer l’impact d’un merlon de terre, ou encore celui (quasi nul*) d’un écran végétal peu épais.

71 dB(A) : très mauvais

J’ai ainsi pu identifier aujourd’hui (mercredi en milieu d’après-midi, donc dans des conditions de trafic plutôt moyen) un terrain de jeux dans une ambiance moyenne de 58 dBA (correct, mais sans doute médiocre aux heures de pointe) ainsi qu’un réseau d’itinéraires de promenade dont le niveau d’exposition est de 70 à 72 dBA, avec des pointes à 74 – franchement désastreux, au point de donner envie de s’enfuir. Bien sûr, ce genre d’appréciation peut se faire simplement à l’oreille, mais des données chiffrées peuvent avoir davantage de poids lorsqu’il s’agit d’évaluer avec des arguments solides la valeur des espaces verts proposés à la population.

* Pour obtenir une réduction significative de 3dBA, il faut une haie arborée densément plantée (0,25 arbre/m²) sur une largeur de 25 mètres. Source Revue Forestière Française.

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