Georges Perec aide à repenser un espace public

26 janvier, 8 h, le jardin de la gare commence à sortir des ténèbres

Nous avons découvert ici dans ce blog la méthode conçue et mise en œuvre par l’écrivain Georges Perec pour observer et comprendre la vie dans les espaces publics (ou non publics, aucune importance du moment que les gens y accèdent librement). Cette méthode paraissant à la fois simple, productive, gratifiante et à la portée de tout le monde, elle est en train d’être mise en œuvre ces jours-ci dans le cadre d’un projet citoyen de revitalisation du quartier de la gare d’Hennebont (Morbihan). Le secteur à observer englobe un hôtel abandonné et la cour adjacente, la rue devant et un jardin public entre l’hôtel et la voie ferrée, et enfin le parvis de la gare, qui se réduit à un parking. Un ensemble assez mal fichu et pas spécialement accueillant, mais dont on sent « qu’il a du potentiel ».

Le mode opératoire consiste à proposer de mettre en œuvre la « méthode Perec » sur des tranches horaires de 6 h à 18 h sur une semaine, chacun pouvant choisir le jour qui lui convient. Les diverses contributions seront mises bout à bout et permettront d’avoir une approche vivante, sensible et fine de la vie de ce petit quartier, avec à la fois une dimension subjective (les sensations éprouvées, les ambiances…) et objective (il est demandé de compter les personnes qui montent et descendent du train).

Pour ma part j’ai assuré la tranche 6 h – 8 h, car l’ambiance des petits matins blêmes me plaît bien – d’autant plus qu’elle m’est assez étrangère -, tout comme la chanson de Jacques Dutronc (Il est cinq heures, Paris s’éveille…). J’ai noirci 12 pages de carnet, compté les voyageurs, les bus, les voitures et les trottinettes, relevé l’heure du chant du premier rouge-gorge et du premier merle, tenté de décrire les odeurs et les bruits… avec toujours en mémoire le propos de Perec selon lequel « si rien ne se passe, c’est que vous ne savez pas voir ». Je ne suis certes pas parvenu jusqu’au point où j’aurais l’impression d’ « être dans une ville étrangère » ou de « ne plus comprendre ce qui se passe », parce que la mission de comptage de passagers ou de véhicules imposait son rythme et ne permettait pas cette sorte de décollage. Pour que l’expérience aille jusqu’au bout selon les conseils de Perec, il faudrait pouvoir se fondre tranquillement dans l’espace et le temps, peut-être en se posant quelques heures sur le banc du jardin public… ou, un jour futur, à la terrasse du café de la Gare lorsque le projet de projet de revitalisation de l’ancien hôtel aura abouti.

Le texte intégral des contributions vous sera proposé d’ici quelques jours.

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