Concevoir des espaces « invitants » pour les femmes et les enfants

Voilà un sujet dont on ne parlait guère il y a seulement quelques années, et comme il existe maintenant là-dessus une abondante littérature, ce blog ne prétend pas apporter grand chose de nouveau. On gagnerait pourtant à s’intéresser à un court exposé présenté à Boston en 2017 par Mme Nidhi Gulati, chercheuse en urbanisme qui a été récemment embauchée par l’association PPS (Project for Public Spaces), bien connue de nos lecteurs. Cette présentation mérite le détour non seulement pour son contenu, mais aussi pour sa forme.

Sur le fond, Nidhi Gulati propose de travailler les 12 thèmes suivants :

  • La visibilité et les possibilités de refuge, l’idée étant notamment de permettre de voir sans être trop exposée, d’où l’intérêt d’offrir des situations un peu surélevées.
  • Des accès sûrs et confortables.
  • Des possibilités de s’échapper : il est essentiel de trouver facilement la sortie et ne ne pas se laisser coincer.
  • Pas de coins et recoins qui ne permettent ni de voir ce qui se passe, ni de s’échapper.
  • Un éclairage approprié.
  • Une proximité des transports collectifs.
  • Des plans et une signalisation pour faciliter le repérage.
  • Des endroits pour s’asseoir, aussi bien seule qu’en groupe.
  • Des équipements pour le confort, notamment des toilettes et des points d’eau.
  • Des choses à faire, des activités possibles – ne serait-ce que regarder les gens.
  • Des attractions pour tous les âges.
  • Des endroits pour se réunir.

Pour sûr, tout cela tombe sous le sens, mais tous les parcs publics ne prennent pas ces critères en compte, et d’ailleurs il suffit d’observer la proportion de femmes (seules, notamment) pour savoir si l’espace fonctionne bien pour elles. Parmi les bons exemples, on suggérera le récent parc de la ZAC des Batignolles à Paris déjà présenté ici. Serait-ce lié au fait qu’il a été conçu par une femme ?

Sur la forme, cet exposé de 7 minutes 40 est une brillante illustration de ce que les Américains sont capables de produire en matière de clarté, d’efficacité, de dynamisme et de capacité de conviction. Pas un mot en trop à part les quelques inévitables « you know » qui mettent de l’huile dans les rouages, le discours emporte l’auditeur et va droit au but. Le temps pour un orateur français moyen d’enchaîner des « Bon, ben, donc, euh, c’est à dire que personnellement je crois qu’en fait, voilà, il faudrait peut-être commencer par redéfinir les termes du débat, hein, enfin j’veux dire, c’est vrai que comme l’a dit Bourdieu… », pas mal de gens ont déjà décroché et Nidhi Gulati est déjà arrivée à la moitié de son discours. Une bonne leçon, à ne pas manquer.

Images extraites de la vidéo sur You Tube.

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