Autopsie d’une aire pique-nique

Mettre des aires de pique-nique dans des zones d’activités, c’est sûrement une excellente idée, car pour beaucoup de salariés, la pause-déjeuner se prend avec les chers collègues dans un local cafardeux et exigu, ou dans sa voiture sur le parking de l’entreprise, et on peut s’en lasser à la longue. Encore faut-il que lesdites aires soient judicieusement placées, c’est à dire bien visibles, commodément accessibles, pas trop bruyantes et bénéficiant d’un minimum de confort thermique, ce qui fait déjà beaucoup, et on pourrait même imaginer qu’elles soient jolies, mais n’en demandons pas trop quand même.

Regardons ce qu’il en est dans l’aire de pique-nique la plus proche de chez moi, et où je n’ai jamais vu personne ; le jour est venu de comprendre ce qui s’y passe. Cette aire, dotée de deux tables, de bancs et de poubelles, se situe dans une zone d’activités récente et très verte, qui est d’ailleurs plutôt une réussite sous les aspects paysage et biodiversité. Malheureusement, pour un raison mystérieuse, on a jugé bon de l’implanter en bordure immédiate de la rocade urbaine qui dessert la zone et voit passer 11000 véhicules/jour, autant dire que l’endroit est plutôt bruyant et manque d’intimité. De plus, elle est dans un recoin bien caché par rapport à l’intérieur de la zone, et pour y accéder, il faut changer de direction trois fois à angle droit en empruntant une sente herbeuse peu visible, d’autant que l’aire n’est pas indiquée.

Sur place, il y a deux tables en bois, à côté de surfaces pavées inachevées envahies d’herbes folles – l’idée initiale devait être d’y poser les tables, mais ce n’est manifestement plus à l’ordre du jour. Un peu à l’écart se trouve un banc qui, ô miracle, est doté d’un dossier et installé à l’ombre. L’inspection des poubelles, de même que la quasi-absence de traces de passage dans l’herbe, montrent que l’endroit est presque inutilisé, ce qui risque d’accréditer l’idée que « ce n’est pas la peine de faire des aires de pique-nique dans les zones d’activités, puisque les gens ne s’en servent pas ».

Je me prends à rêver que deux costauds viennent un de ces jours déménager eux-mêmes ces tables pour les installer dans un endroit autrement mieux placé (à la fois central, visible, accessible, calme, herbeux, ombragé et tout), autant que possible sans l’accord de la collectivité propriétaire pour éviter des tas d’histoires, et avec pour objectif de voir si par hasard ça ne fonctionnerait pas mieux, ce qui permettrait au passage de mieux utiliser l’argent du contribuable. Pour le moment, je vous propose ci-contre un état des lieux avec DepthMap, qui analyse le degré d’intégration de la voirie de la zone au regard des complexités de parcours (je vous passe les détails, mais on voit (X) l’aire actuelle au bout de la voie la moins intégrée de tout le réseau, nécessitant un maximum de changements de direction pour s’y rendre, et ma proposition d’une autre implantation a priori bien plus favorable, bien à l’écart du bruyant axe A-B, et donc sûrement à tester).

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