« Kissing places » : les lieux pour s’embrasser

Le récent article sur Entraygues-sur-Truyère fait allusion à la notion de « kissing places », développée entre autres par W.H. Whyte, mais je m’aperçois à ma grande honte que je ne l’ai jamais présentée ici, même si le thème de l’affection dans les espaces publics a été évoqué à diverses reprises, notamment ici.

L’idée est que les gens ne s’embrassent pas n’importe où en public, et qu’ils le font de préférence dans des lieux présentant des qualités particulières – on peut en dire autant des lieux où les gens se tiennent par la main, même s’ils sont plus nombreux. Comme l’a bien montré W.H. Whyte, cette pratique ne requiert aucunement la discrétion – au contraire, elle a souvent un côté démonstratif qui la légitime dans des lieux particulièrement exposés, à la différence bien sûr d’autres pratiques qui nécessitent un certain isolement, comme nous l’avons vu ici. La qualité la plus essentielle des « kissing places » est la proximité de l’eau comme tout un chacun aura pu le constater, tant par l’observation que, sait-on jamais, par expérience personnelle. De la pointe du square du Vert-Galant, au milieu de la Seine, jusqu’aux rivages du plan d’eau municipal de Cambrousse-en-Campagne, tous les amoureux recherchent la présence de l’eau pour se bécoter sur les bancs publics – à moins que, sans qu’ils ne la recherchent, elle les inspire subitement.

Pourquoi le spectacle de l’eau favorise-t-il les manifestations d’affection ? Sigmund Freud, et plus encore Gaston Bachelard, ont sûrement des explications à nous donner, il doit y avoir des histoires d’élément originel, de vie fœtale dans le liquide amniotique, ou que sais-je encore, vous irez voir par vous-même si le sujet vous intéresse. Toujours est-il que ce constat plaide en faveur de la présence de l’eau dans les espaces publics, ce qui n’implique pas forcément de l’amener lorsqu’il n’y en a pas, mais plutôt, et au minimum, de la rendre à la fois visible et accessible, avec des lieux asseyables à proximité. C’est évident, pour sûr, mais quand on voit tant d’endroits où les vues sur la mer ou sur une rivière sont réservées aux voitures en stationnement, on se dit qu’il y a du potentiel gâché. Enfin, et indépendamment de la présence de l’eau, la présence de gens qui s’embrassent ou pratiquent diverses « démonstrations publiques d’affection » est toujours un indicateur de qualité d’un lieu, parce qu’elle révèle que les gens s’y sentent bien.

Voir également ici : « love on the beach ».

PS : je note d’ailleurs que parmi les « 17 most romantic Good kiss spots« , il y en a onze qui sont ou semblent être au bord de l’eau !

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