Sociotopes à la campagne : la dure réalité

Les ruraux seraient-ils défavorisés par rapport aux urbains, sous l’angle de l’accès aux espaces verts et plus généralement à des espaces publics se prêtant à des usages variés ? Si l’on s’intéresse à l’offre d’espaces ouverts publics dans les différentes communes d’un territoire de SCoT de ma connaissance, dans l’ouest de la France, on constate des disparités spectaculaires d’une commune à l’autre. Rien de très étonnant jusque là, mais il est plus intéressant de remarquer que sur 7 communes à forte dominante rurale, il y a en a 5 dans lesquelles les habitants du bourg n’ont aucun espace vert à leur disposition, hormis la place de l’église, le terrain de foot ou le cimetière.

Sachant que dans toutes ces communes, il existe une forte tendance au recentrage de l’urbanisation vers le bourg, on commence à percevoir les risques qu’une absence de structure verte publique fait courir à la qualité de vie future des habitants. On découvre ainsi que dans une commune qui a toujours brandi sa « ruralité » et sa verdure comme arguments de vente de terrains à bâtir, il est tout simplement impossible de sortir du bourg à pied avec des enfants pour faire un tour dans la nature. Au lieu de continuer à cultiver cette pseudo-ruralité, il serait plus productif de traiter le bourg comme une petite ville en germe et de le doter au moins d’une ébauche de parc public ouvrant vers la campagne : ce sont des choses qui se planifient au moyen du PLU.

Le SCoT ne contient d’ailleurs pas grand-chose sur le sujet. Si la mise en place d’une trame verte protégée constitue un progrès majeur, il faudrait souligner davantage à quel point la mise en place de véritables parcs publics – et pas seulement d’espaces verts de quartier – conditionne la réussite du renforcement de ces bourgs ruraux de deuxième couronne urbaine.

Le document de gauche fait apparaître autour d’un petit centre urbain, en vert, les espaces verts et espaces naturels appartenant à la commune : l’offre est abondante, c’est une chance et les habitants en sont bien conscients.

Le document de droite (image Géoportail) montre, en pleine campagne au milieu des champs de maïs, un agglomérat urbain qui se développe rapidement, car il est proche d’une voie rapide, mais qui ne possède aucun espace vert ni embryon de structure verte. Son extension par nappes de lotissements crée un enfermement progressif par l’urbanisation. Le bois en bas de l’image ne serait-il pas l’unique opportunité d’ouverture vers la nature, s’il pouvait devenir public ?

On remarquera enfin que les communes qui ont été remembrées dans les années 1960 / 70 (l’heureuse époque où on ne s’embêtait pas avec toutes ces histoires d’écologie !) ont en commun d’avoir pratiquement perdu toute opportunité de connecter leur bourg avec le reste du territoire, puisque tous les anciens chemins ruraux ont été détruits et remplacés par des dessertes s’arrêtant à l’entrée d’un champ. A l’inverse, les communes qui ont conservé au moins quelques-uns de ces vieux chemins disposent aujourd’hui d’atouts de premier plan pour la qualité de vie de leurs habitants.

Voir aussi : Quelle chance on a d’habiter à la campagne !

Date de l’article d’origine : 2010

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