Un sociotope à déguster dans la campagne limousine

La modeste commune de Saint-Pierre-de-Frugie (419 habitants, Dordogne) eut son heure de gloire le 4 juin 2019 durant la « COP Breizh » à Saint-Brieuc, lorsque le maire  présenta ses actions en faveur d’un développement durable de la commune. Diversification et promotion de l’offre de logements, réimplantation d’un commerce et d’une école, ouverture d’un restaurant et d’un gîte, gestion écologique des espaces publics, création d’un jardin partagé, engagement pour une agriculture sans pesticides : ces actions ont permis d’inverser le déclin démographique (la commune a récupéré une quarantaine d’habitants) et de faire de Saint-Pierre-de-Frugie un modèle de revitalisation des bourgs ruraux.

Comme l’Obs présente la localité comme étant « le village des bobos bios », c’est assurément « the place to be » et j’accours donc le 30 juin dernier pour voir ce qu’il en est, notamment en matière d’espaces publics. Le premier coup d’œil est moyennement convaincant, car le bourg a un aspect de village-rue assez étiré et son centre est peu identifiable. Il y a bien une mignonne placette avec une boîte à livres près de la mairie, et un coin de verdure sympa pour bavarder devant le magasin bio. Mais il faut se rendre à la sortie nord du bourg pour trouver le meilleur sociotope de la commune, car il y a là au bord d’un étang un terrain municipal d’1,8 ha qui a été aménagé en terrain de jeux, en aire de pique-nique, en espace pour les fêtes et les spectacles, et surtout en un extraordinaire potager / verger collectif où chacun peut venir mettre la main à la pâte, mais aussi se servir.

En ce début d’été, le visiteur est accueilli par des grappes de groseilles et de cassis, et il n’y qu’à tendre le bras pour cueillir des cerises bien sucrées. Ce jardin au naturel, qui regorge aussi de fleurs, est un véritable enchantement. Il a aussi quelques messages à faire passer, et un grand coquelicot métallique implanté au bord de la route annonce clairement la couleur. Nous avons ici un bel exemple de « commun », qui bénéficie tant aux habitants qu’à n’importe quel quidam, et d’initiative généreuse en faveur de la libre cueillette – et c’est quand même plus simple, avouons-le, que de pratiquer la rapine sur des terrains privés. Le fait d’avoir réuni dans un même lieu à distance de marche du bourg le jardin, les espaces de jeux et d’événements, était une riche idée. Nous en retiendrons particulièrement la notion de verger public, avec quelques cerisiers, pruniers ou pommiers qui ne coûtent pas cher et font plaisir à tout le monde – rien n’empêche évidemment de compléter avec d’autres espèces telles que des noyers, des châtaigniers greffés ou des noisetiers histoire de varier les plaisirs.

Photo du haut : au centre du bourg, création de logements nouveaux par réhabilitation d’un bâtiment ancien (maîtrise d’ouvrage communale). Au centre : le verger. En bas : terrain de jeux pour enfants, et un coquelicot qui annonce la couleur.

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