Sociotopes parisiens : jour 1

Vendredi dernier 6 septembre, je suis allé présenter la méthode des sociotopes à la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies), et j’en ai profité pour passer trois journées à Paris, consacrées principalement à des visites d’espaces publics et d’opérations d’urbanisme.

Le premier jour, j’entreprends une grande virée à pied (22 km !) vers le sud-est parisien et en banlieue (Ivry et Charenton). Premier sociotope remarquable, et non des moindres, le bois de Vincennes aux alentours du lac Daumesnil (photo du haut). Curieusement, mais peut-être est-ce dû au plafond de nuages sombres, il n’y a presque personne. En cette fin d’été marqué par la sécheresse et les canicules, les pelouses sont étiolées et poussiéreuses, les feuillages sont ternes, l’eau du lac ressemble à de la soupe et l’ambiance générale est donc bien triste, même si on se doute qu’il doit y avoir la foule certains jours. Une carence invraisemblable me frappe : sur les 1,9 km de berges du lac, il n’y a ni restaurant, ni café qui permettrait de manger ou de se désaltérer au bord dans l’eau. J’ai encore en mémoire les parcs de Munich, avec leurs « jardins à bière » au bord des lacs et des rivières (photo au centre), et le contraste est saisissant. Ici, le rapport à l’eau est à peu près du même niveau que beaucoup de plans d’eau municipaux, et c’est bien dommage car l’endroit et le public pouvaient mériter mieux.

Poursuivant mon périple et revenant dans Paris, j’attrape vers la Porte Dorée une extrémité de la coulée verte René Dumont, par le parc Charles Péguy (photo du bas). Bien caché entre la voie ferrée de Petite Ceinture et des grands ensembles, de superficie modeste (dans les 5000 m²), il forme un puits de verdure à la fois calme et animé par les cris et rires des enfants, nombreux ici en cette fin de journée. Mais il n’y a pas que des enfants : ados, adultes et personnes âgées trouvent ici leur place, car comme beaucoup d’espaces verts parisiens, ce petit parc arrive à concilier des fonctions multiples – y compris la promotion de la biodiversité – sur une petite surface. Parmi les recettes du succès figurent ici une topographie mouvementée, qui favorise l’exercice physique et a permis d’aménager des gradins autour de « scènes sociales » autorisant des jeux variés ; la présence de points d’eau, de toilettes, d’un gardiennage ; et un entretien soigneux. La vitalité de ce petit parc, qui me retient un moment sur place, contraste avec la tristesse des abords du lac Daumesnil. Je bavarde avec le gardien et le félicite pour la qualité du domaine dont il a la charge ; pas peu fier, il me confirme qu’ici, c’est quand même plus vivant qu’au bois de Vincennes, du moins en fin de journée lorsque les enfants sont rentrés de l’école.

Date de l’article d’origine : 9 septembre 2010

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