Mesurer la visibilité d’un espace

Il y a longtemps (2015) que j’ai présenté ici le logiciel Depthmap ainsi que quelques notions de « syntaxe spatiale » sur lesquelles il repose. Cet outil permet d’évaluer de façon simple et efficace la visibilité de n’importe quel espace à n’importe quelle échelle – aussi bien les pièces d’un logement que les espaces publics d’une ville. L’espace réputé visible (délimité par exemple par des façades de bâtiments ou des murs de clôture) est pixellisé par Depthmap, qui comptabilise pour chaque pixel le nombre de pixels à partir desquels il est théoriquement visible. Un dégradé de couleurs, allant du rouge au bleu foncé, montre les secteurs les plus visibles (en rouge) et les moins visibles (en bleu). Ces données peuvent être utilisées pour des propos multiples – par exemple déterminer le meilleur endroit pour implanter un équipement pour autant qu’on veuille le rendre visible, ou enlever un obstacle à la vue. Je m’en sers couramment dans mes études (voir ci-contre une carte réalisée hier sur le centre d’un bourg breton), j’ai même montré à des élus quels étaient les meilleurs endroits de leur centre-ville pour distribuer des tracts électoraux, mais je constate que Depthmap – qui permet d’analyser aussi les complexités de parcours – reste toujours aussi peu utilisé en France.

Peut-être est-ce l’obstacle rédhibitoire de la langue, car le programme et la documentation sont en anglais ? Si c’est le cas, un progrès est à signaler car on trouve maintenant sur YouTube une chaîne alimentée par M. Saïd Mazouz, sur le thème « Analyse spatiale et qualité d’usage : concepts et outils en architecture et en urbanisme ». Une des vidéos s’appelle « Initiation au logiciel Depthmap » et présente l’outil en 33 minutes de façon très claire.

Je rappelle que pour commencer, il suffit de dessiner (sous Illustrator par exemple) sous forme d’un polygone fermé le périmètre à analyser. S’il y a des îlots ou des obstacles à la vue à l’intérieur de ce périmètre, il faut les dessiner (également sous forme de polygones fermés) sur un calque spécifique. Le dessin est ensuite exporté au format DXF. C’est ce fichier DXF qui va être importé dans Depthmap pour être analysé.

Toute l’information nécessaire sur Depthmap est ici (docs et téléchargement). Au travail !

PS – Pour commenter un peu l’illustration, on note que le secteur le plus visible du bourg (tache rouge du bas) est occupé par un parking et un rond-point, mais que le bar-tabac se trouve comme par hasard à cet emplacement stratégique. Le second emplacement le plus visible est occupé (comme par hasard !) par une supérette qu’on aperçoit en haut de la photo aérienne. Par contre, la boulangerie se trouve dans une rue peu visible et ses patrons envisagent de se déplacer vers un site… plus visible.

Date de l’article d’origine : 6 novembre 2019

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s