La vie sociale des petits espaces urbains : les espaces pour s’asseoir (7)

(suite de la traduction de « The Social Life of Small Urban Spaces », de W.H. Whyte)

Les marches fonctionnent aussi pour la même raison. La gamme d’espaces fournit une infinité de possibilités de regroupements, et l’excellente visibilité rend ces sièges potentiellement formidables pour observer le théâtre de la rue. Les nouvelles règles d’urbanisme ne comptent pas les marches en tant que sièges ; si cela avait été le cas, on craignait que les constructeurs en profitent à l’excès et que certaines plazas soient toutes en marches, avec pas grand chose d’autre. Mais le principe des marches peut être appliqué avec succès aux corniches.

Les angles fonctionnent bien. Vous pouvez remarquer que les gens s’agglutinent souvent aux extrémités des marches, en particulier là où une corniche ou un muret forme un angle droit avec elles. Ces secteurs sont bien pour s’assoir en face-à-face, et les gens en groupes les recherchent. On pourrait logiquement s’attendre à des conflits, du fait que les angles sont aussi les endroits où les flux sont les plus denses. La plupart des gens prennent des raccourcis, et les flux de piétons sur les plazas sont en général des diagonales entre les entrées d’immeubles et les extrémités d’escaliers. Nous pouvons le constater à Seagram Plaza. Du fait que les flux principaux passent précisément aux angles des escaliers, c’est là que l’on trouve les plus fortes concentrations de gens assis, prenant le soleil ou pique-niquant. Mais, malgré l’agitation ou peut-être grâce à elle, les gens assis semblent s’y trouver bien. Les piétons n’ont d’ailleurs pas l’air d’y prêter attention, et ils ont plus tendance à se frayer un passage à travers les bouchons qu’à les contourner.

Nous trouvons les mêmes modèles d’utilisation à d’autres endroits. Toutes choses égales par ailleurs, vous pouvez prévoir que les endroits où les gens ont le plus de chances de s’assoir sont là où les flux de piétons traversent un secteur asseyable. Et il n’y a pas de perversité là-dedans : c’est par choix que les gens s’assoient là. S’il y a un peu de congestion, elle est aimable, et elle témoigne de la qualité du lieu.

Photo : auteur inconnu, source : designingthelandscape.com

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