« Gestion différenciée » des espaces verts et usages par le public

Sous la double influence d’une prise de conscience écologique et des contraintes budgétaires, les méthodes de « gestion différenciée » des espaces verts se sont beaucoup développées en France ces dernières années. Pour faire bref, il s’agit de remplacer au moins par endroits les tontes fréquentes par des fauches plus espacées, voire par un passage unique, de préférence tardif pour permettre aux plantes de produire des graines et à la faune d’effectuer son cycle biologique. Les espaces de gazon, écologiquement très pauvres, laissent ainsi la place à des milieux prairiaux beaucoup plus riches (à condition, soit dit en passant, d’évacuer l’herbe fauchée au lieu de la laisser pourrir sur place).

Cette nouvelle approche de la gestion des espaces verts est certainement très bonne dans son principe, mais elle peut poser des problèmes d’acceptabilité sociale. La première difficulté tient à l’impression de « pas propre » ressentie par une partie des habitants, voire à un sentiment d' »abandon » qui s’exprime dans certains quartiers : « On trouve de l’argent pour entretenir les beaux gazons du centre-ville, mais nous, on a droit aux mauvaises herbes ». Les expériences menées depuis une quinzaine d’années dans plusieurs villes, comme Rennes, montrent cependant que ces pratiques sont mieux acceptées grâce à un travail de pédagogie.

La seconde difficulté est liée aux usages. Une enquête a été réalisée ces jours-ci par le journal britannique « The Guardian »  sur les conséquences des coupes budgétaires en matière de parcs et jardins publics, nous y reviendrons d’ailleurs dans un prochain article. Elle montre qu’en réduisant l’entretien des espaces enherbés, on restreint les possibilités d’usage par les habitants, notamment parce que l’on empêche des jeux ou diverses pratiques récréatives qui ne peuvent pas se pratiquer dans l’herbe haute. De plus, les usagers ne peuvent pas voir ce qui se cache sous l’herbe – déjections, déchets dangereux ou autres mauvaises surprises.

Les solutions ne sont a priori pas très compliquées, à savoir qu’il conviendrait d’identifier les secteurs qui peuvent avoir besoin d’un entretien soutenu de manière à répondre correctement aux attentes des usagers. Mais dans la pratique, cela nécessite un travail d’observation et de concertation, de manière à ce que les choix de gestion découlent de la pratique des habitants, et non l’inverse. Les enfants savent mieux que quiconque où sont les meilleurs endroits pour jouer au ballon, et ce n’est pas forcément à la collectivité de pré-déterminer ces endroits sur le seul critère de considérations budgétaires.

Date de l’article d’origine : 23 février 2017

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