L’accès aux espaces verts : un outil d’analyse à l’échelle du quartier

L’université de Stanford, aux Etats-Unis, a mis au point un site (City Nature) qui offre la possibilité d’analyser sous une multitude de points de vue l’offre de nature et d’espaces verts dans 34 villes américaines, pour un total de 2500 quartiers. Surfaces, temps d’accès, niveau de revenu et origines ethniques des habitants des alentours, tout y est (accès à la carte interactive ici puis aller dans Maps).

Cet outil montre de fortes disparités selon les villes ou les quartiers pour ce qui est de l’accès à la nature et aux espaces verts. Ces disparités ne correspondent pas nécessairement à des inégalités sociales, sachant que si les classes supérieures ont les moyens de s’installer où elles le veulent et donc de choisir des quartiers verts, elles sont aussi très attirées par des centres-villes denses offrant peu d’espaces verts. De plus, beaucoup de gens qui ont de grands jardins privés ne manifestent aucun intérêt pour les parcs publics.

Quoi qu’il en soit, les secteurs les plus pauvres en espaces verts sont souvent les plus pauvres tout court, et quand on y trouve des espaces verts, ils sont souvent plus négligés et « goudronnés » qu’ailleurs, pour réduire les coûts d’entretien.

Pour Jon Christensen, professeur à UCLA et initiateur de City Nature, on trouve souvent beaucoup de nature sur les franges des villes américaines, correspondant à des taches d’espaces délaissés ou épargnés par l’urbanisation pour diverses raisons, sans que ce soit le fruit d’une quelconque volonté politique ou d’une planification. Les recherches montrent d’ailleurs que des villes très fières de leurs structures vertes conçues par d’éminents paysagistes, comme Olmsted ou Kessler, n’offrent pas forcément des conditions d’accès à la nature supérieures à la moyenne. D’une façon générale, l’analyse des documents de planification montre que la plupart des villes n’ont aucune vision claire et cohérente de ce que devrait être leur structure verte pour répondre aux besoins actuels et futurs des habitants, notamment en l’articulant avec les développements urbains à venir.

En mettant en évidence des inégalités, des carences et des demandes non satisfaites, le projet City Nature et son outil d’analyse accessible à tout le monde peuvent aider à la prise de conscience et à un meilleur travail de planification.

Résumé et traduit d’un article du blog « Cool Green Science » du 8 avril 2013. Texte intégral ici.

La carte ci-dessus montre les situations d’insuffisance de l’offre de parcs publics (« park need ») calculées à partir de considérations démographiques et du temps de parcours à pied (plus de 10 minutes). Qu’est-ce qu’on attend pour produire de telles cartes en France ? Voilà une idée de travail pour les « observatoires de l’environnement » qui se montent un peu partout actuellement.

Date de l’article d’origine : 12 avril 2013.

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