Parkways, greenways, trames vertes

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Sur ces questions de définition de termes, il y aurait de quoi colloquer pendant des jours. Le propos ici n’est pas d’épuiser le sujet, mais d’essayer de donner quelques points de repère.

– La notion française de « trame verte », telle qu’elle est désormais définie par les lois « Grenelle », repose essentiellement sur des critères écologiques et poursuit des objectifs de préservation et de restauration des continuités écologiques.

– La notion de « greenway », qui est d’origine états-unienne mais recouvre aujourd’hui des approches largement développées à travers le monde (1), repose sur des critères multifonctionnels et correspond assez bien aux « infrastructures vertes » qui se mettent en place ici et là en France. Les objectifs sont de développer à la fois les potentialités écologiques, sociales et éventuellement économiques de ces continuités, dans le cadre d’une planification forte qui comporte non seulement des mesures de protection réglementaire, mais aussi des dispositifs de maîtrise foncière publique et des actions d’ouverture au public, notamment par la création de « voies douces ». Le « way » contenu dans « greenway » se rapporte ainsi au cheminement de l’eau, de faune et de la flore, mais aussi à celui des hommes.

– La notion de « parkway », qui est ancienne et très usitée en Amérique du Nord, correspond à des routes paysagées et souvent à circulation apaisée, circulant dans un environnement de parc. Dans « A walk in the woods » (1997) (2), l’écrivain Bill Bryson en donne une définition simple : « It is no accident that the first highways in America were called parkways. That’s what they were envisioned to be – parks you could drive through » (…des parcs à travers lesquels vous pouvez conduire). Cette notion n’a pas semblé faire école en France – peut-être parce que l’espace manque pour réaliser en même temps des routes avec des parcs autour. Elle est apparue temporairement dans les orientations du SCOT du Pays de Brest mais en a finalement été retirée. C’est peut-être dommage, car si de tels aménagements peuvent paraître fortement consommateurs d’espaces, ils peuvent aussi produire de la structure verte multifonctionnelle et créer des liaisons intéressantes pour la faune comme pour les gens, ou tout au moins du paysage agréable, ce qui n’est déjà pas mal.

(1) cf « Urban Ecology », par Jari Niemelä et al., Oxford University Press 2011 ; « Ecological Networks and Greenways », par Jongman & Pungetti, Cambridge University Press 2005.

(2) Un livre totalement désopilant, soit dit en passant, maintenant traduit en français sous le titre « Promenons-nous dans les bois » (éd. Payot).

Date de l’article d’origine : 1er octobre 2012

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