Les cimetières sont-ils des sociotopes ? (suite)

Ce sujet a été abordé dès les débuts de ce blog (voir Les cimetières sont-ils des sociotopes ?), les premières études de sociotopes ayant fait apparaître des difficultés à traiter le cimetière en tant que sociotope. Rappelons que la question ne se pose pas vraiment dans les pays d’Europe du Nord, où le cimetière tend à ressembler à un parc public et est en général intégré comme tel dans l’espace urbain. Chez nous, il n’est même pas certain que le cimetière puisse être considéré comme faisant partie des « espaces ouverts », car il s’agit d’un espace quasi construit et mono-fonctionnel.

Le problème s’est à nouveau posé à l’occasion de l’étude des sociotopes de Locmiquélic (Morbihan), où le cimetière n’avait pas été retenu a priori parmi les espaces ouverts destinés à faire l’objet d’observations. Si aucune des quelque 210 réponses aux questionnaires n’a fait apparaître le cimetière parmi les espaces favoris, les entretiens avec les personnes âgées ont montré que cet endroit est couramment fréquenté, et même apprécié par certains en tant que lieu de rencontres. Un enfant de primaire a par ailleurs indiqué qu’en rentrant de l’école, il lui arrivait de passer par le cimetière pour prier sur la tombe de sa grand-mère.

On a pu constater, à Plœmeur et surtout à Brest, qu’il peut y avoir des réticences locales à traiter le cimetière comme sociotope parce qu’il est perçu comme un univers clos, à part de l’espace urbain, relevant de la sphère de l’intime et certainement pas destiné à des usages autres que ceux liés au souvenir. Pour autant, et puisqu’il est de toute manière un espace de rencontre et d’interactions sociales, il y aurait peut-être moyen d’y améliorer notablement et pour pas cher l’accueil des visiteurs avec des bancs abrités permettant la conversation par tous temps, des tables, des coins d’ombre etc. Dans le cas de Locmiquélic, l’existence d’un projet de parc public jouxtant le cimetière peut être une occasion de travailler l’interface et la complémentarité entre ces deux espaces – et tout au moins d’éviter qu’ils s’ignorent et se tournent le dos.

Photo : le cimetière de Saint-Germain-de-Confolens (Charente), entre patrimoine bâti et trame verte et bleue…

Date de l’article d’origine : 16 décembre 2015.

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