Les sociotopes vus par les enfants

Aujourd’hui, c’était « opération sociotopes » dans une école primaire de Locmiquélic (Morbihan). Grâce à la coopération des enseignants, nous avons pu enquêter auprès des élèves de CE et CM (50 au total) sur leur pratique des espaces extérieurs et des déplacements, grâce à un questionnaire adapté et à l’utilisation de cartes et de gommettes. Ce travail a pris environ une heure et quart par classe, avec deux encadrants pour les CM et trois pour les CE, qui ont davantage besoin d’aide et n’ont pas pu faire autant de travail sur carte que leurs aînés.

Les questionnaires étaient d’abord orientés sur le trajet entre le domicile et l’école, avec des questions sur le mode de déplacement, les points d’arrêt éventuels, les préoccupations par rapport à la sécurité. Il s’agissait ensuite, au travers de quatre questions, de désigner les espaces extérieurs pratiqués, les espaces préférés et l’ « espace idéal », point qui faisait appel à l’imagination. Le travail sur cartes consistait à identifier les espaces pratiqués et appréciés ainsi que les endroits non appréciés. Ces différentes opérations se sont parfaitement déroulées et ont pu être exécutées dans les temps. Elles ont nécessité une mobilisation intense des encadrants, soumis à une foule de questions en même temps qu’occupés à vérifier que chacun répondait à chaque question et éventuellement à interroger les enfants ou prendre des notes pour approfondir certains points.

Ce riche matériau va être analysé dans les semaines à venir, mais quelques tendances apparaissent nettement : le contraste entre la pauvreté de la pratique des espaces extérieurs par certains et la richesse de l’expérience d’autres, le poids de la voiture comme obstacle aux déplacements et à la fréquentation des espaces extérieurs, la coexistence de pratiques informelles (cabanes, jeux dans des espaces non aménagés…) avec des pratiques encadrées (jeux et sports dans des espaces spécialisés), la très grande diversité des attentes (le jeu, le sport, la rencontre, mais aussi la nature, la tranquillité…), le manque d’espaces pour les enfants dans certaines parties du territoire… Il apparaît aussi que les enfants présentent bien des points communs avec les personnes âgées enquêtées récemment (voir articles antérieurs) : entre autres, leur forte dépendance vis-à-vis de l’espace public pour leurs activités et leur vie sociale, et leur insatisfaction à l’égard des conditions de déplacement dans un système de voirie dominé par la voiture et où les autres modes demeurent marginalisés, avec des trottoirs absents ou inaccessibles.

Date de l’article d’origine : 16 octobre 2015.

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