Du géotope au sociotope

Hier, à l’occasion d’une sortie avec des membres de la Société géologique et minéralogique de Bretagne (SGMB), nous nous sommes fait découvrir mutuellement les « géotopes » et les « sociotopes ».  Les géotopes sont des lieux importants pour la compréhension de l’histoire géologique de la Terre, il peut par exemple s’agit de formes de relief particulières ou d’affleurements de strates ou de formations rocheuses qui ont des choses à nous apprendre sur l’histoire de notre planète par l’entremise de gens qui savent lire ces choses-là. Cette définition est sûrement approximative, mais c’est juste pour donner une idée et vous montrer qu’à première vue ça n’a rien à voir avec nos sociotopes à nous.

Bref, nous voilà donc au pied d’un affleurement d’ultramylonites (demandez à Wikipedia !) formant une falaise au bord du Blavet, pour constater que non seulement on y lit les traces d’un cisaillement hercynien, tout à fait remarquable cher collègue, mais qu’en plus l’endroit est fréquenté par grimpeurs et promeneurs qui y trouvent à la fois un très beau point de vue et de nombreuses voies d’escalade (photo ci-dessus). Un peu plus loin, une ancienne carrière établie dans un filon de quartz parallèle aux susdites mylonites est devenue l’été un lieu de rencontre des ados du coin, qui se baignent et plongent dans le plan d’eau, bronzent et bavardent aux alentours, font des fêtes nocturnes bien arrosées à en juger par divers indices, etc. De l’autre côté de la vallée, le filon de quartz affleure dans les bois, formant d’énormes rochers blancs qui feraient de bien beaux terrains de jeux s’ils n’étaient incorporés dans une propriété privée – et accessoirement dans un coin perdu.

De même qu’il existe de fortes corrélations entre le substrat géologique et la fameuse « trame verte et bleue », on n’aurait pas trop de mal à vérifier que les singularités géologiques (rochers, chaos, falaises, pinacles, grottes, dépôts sédimentaires, carrières…) sont souvent à la base d’excellents sociotopes, soit parce qu’elles sont par elle-mêmes des facteurs d’attractivité, soit parce qu’elles créent des ambiances intéressantes ou que leur configuration se prête à des activités variées. Nous retrouvons ici la confirmation de l’ « hypothèse de co-occurence des ressources (écologiques, sociales, patrimoniales » dans les trames vertes et bleues, qui fit jadis l’objet d’un article ici (Les sociotopes et l’hypothèse de co-occurrence des ressources dans la trame verte et bleue).

Date de l’article d’origine : 28 novembre 2015.

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