Apologie des bancs publics

C’est le titre d’un mémoire de « recherche en géographie sociale » (Rennes 2) réalisé par Diane Bégard en 2005 et révisé en 2009. Compte tenu de notre intérêt pour les bancs publics, comme nos fidèles lecteurs ont pu le constater, nous ne pouvions pas passer à côté d’un tel mémoire, que vous pouvez lire intégralement ici. L’auteur a également réalisé sur le même sujet un blog (ici) dont nous avons signalé l’existence il y a longtemps et qui annonce depuis cinq ans (!) sa disparition imminente.

Ce mémoire de 64 pages hors annexes s’ouvre sur la chanson de Renaud « Mistral gagnant » (rappelez-vous : « A m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi, à regarder les gens tant qu’y en a… »). La première moitié de ce travail est consacrée à une réflexion sur la notion d’espace public, un sujet délicieusement compliqué qui ne nous retiendra pas aujourd’hui mais sur lequel nous reviendrons si j’arrive à tout comprendre. La seconde partie, intitulée « le paradoxe du banc public », se consacre à « l’observation de quelques pratiques visibles » (sur les types de bancs, leur confort, la manière dont ils sont utilisés, leur détournement…) puis à « ce que les bancs nous apprennent » au travers de leur conception, de leur implantation ou de leur disparition. L’inconfort voulu, l’individualisation des sièges, la lutte menée contre les « indésirables », mais aussi les tentatives de re-créer des liens sociaux illustrent la difficulté des élus et des services des villes à répondre aux attentes contradictoires des habitants. Plusieurs pages, illustrées de cartes, sont consacrées à l’analyse du statut des bancs publics dans le centre de Rennes.

Le mémoire se conclut par une copie de la lettre adressée par les services de la ville de Rennes à l’auteur, qui se plaignait de l’élimination des bancs de la place Sainte-Anne : « Nous vous informons que l’ensemble des bancs publics de la place ont été déposés dans le cadre de nombreuses mesures préventives prises pour assurer la sécurité publique. Nous comprenons bien votre demande pour l’agrément et le confort du public sur cette place mais nous n’envisageons pas, dans l’immédiat, la repose des bancs déposés ». Et voilà… C’est ce qui a dû arriver aussi aux bancs de la place Furstenberg (Paris 6è) dont nous avons signalé jadis la disparition dans Les bancs disparus de la place Furstenberg (ne ratez pas la vidéo dans laquelle on entend Brassens parler des bancs).

Photo du haut : un banc typiquement breton, forme dolménoïde en granite massif, face au Sillon de Talbert. Photo du bas : un peu plus dense, à Brooklyn.

Date de l’article d’origine : 2 décembre 2012.

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