Ce sont les gens à faibles revenus qui ont le plus besoin d'espaces publics

Pour le magazine « On the Commons », il est facile de mépriser l’intérêt pour les espaces publics comme étant une affaire de riches. « Regardez donc n’importe quel lieu animé dans le monde – des marchés d’Afrique ou d’Asie aux squares d’Amérique latine ou aux coins de rues d’Europe et d’Amérique du Nord, et vous verrez que ce sont les pauvres qui dépendent le plus des espaces publics ».

« L’ancien maire de Bogota, Enrique Peñalosa, note que les riches apprécient les plaisirs de leur jardin, des clubs privés ou de leur maison de campagne. Les pauvres n’ont que leur rue pour se retrouver, flâner et, s’ils ont de la chance, un parc, une bibliothèque ou un terrain de jeux dans le voisinage.  Il a fait des espaces publics le cœur de sa gestion, créant ou réaménageant 1200 parcs et terrains de jeux, réalisant 300 km de voies cyclables, construisant 13 bibliothèques et inaugurant la plus longue piste de jogging du monde (17 km à travers la ville). Depuis qu’il a quitté ses fonctions, il est devenu un globe-trotter aidant des villes comme Djakarta ou Dakar à améliorer la vie de leurs habitants. « Les espaces publics ne sont pas une frivolité », dit-il. « Ils sont juste aussi importants que les hôpitaux et les écoles. Ils créent un sentiment d’appartenance. Ceci crée un autre type de société. Une société dans laquelle les gens de tous niveaux de revenus se rencontrent dans les espaces publics est mieux intégrée et socialement plus saine ». 

Les espaces publics jouent aussi un rôle clé dans les pays qui s’initient à la démocratie. Le groupe new-yorkais Project for Public Spaces (PPS) a fait des squares, des parcs et d’autres lieux communautaires un symbole de la participation civique en Europe de l’Est, où les régimes communistes contrôlaient strictement les lieux de rassemblement publics.

La prolifération des voitures, et la marginalisation de ceux qui ne conduisent pas, est un problème dans les pays en développement. (…) Lisa Peterson (Institute for Transportation and Development Policy) voit des indices montrant une remise en cause du modèle du « tout-voiture » dans ces pays : la Banque Mondiale a cessé de promouvoir ses principes de développement centrés sur la voiture, et des villes comme Bogota ou Dar-es-Salaam construisent de nouveaux modèles de développement basés sur les transports en commun et le vélo. Pour E. Peñalosa, « les Américains reconnaissent maintenant que c’est un problème de construire les villes pour les voitures et non pour les gens, et nous, dans le Tiers-Monde, nous avons besoin de le savoir ».

Texte traduit pour ce blog. Source ici.

Date de l’article d’origine : 20 novembre 2012.

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