Les odeurs dans l’espace public

Le journal américain « The Independent » du 1.11. 2012 nous apprend que des chercheurs de l’Université de Bretagne-Sud ont démontré l’influence des odeurs sur le comportement des passants dans une rue. Ils ont recruté huit volontaires et ont demandé à quatre d’entre eux de se tenir devant une boulangerie et aux autres de se mettre devant un magasin de vêtements. Ces participants devaient fouiller dans leur sac et en faire tomber un gant, un mouchoir ou un paquet de mouchoirs en papier devant un passant. Les chercheurs, postés à une vingtaine de mètres de là, constatèrent que 77% des passants s’arrêtaient pour ramasser l’objet tombé dans une forte odeur de pain frais, alors que 52% en faisaient autant devant le magasin de vêtements. Dans leur article publié par le Journal de psychologie sociale, ils concluent que les gens proposent plus volontiers leur aide dans des lieux où règnent des odeurs agréables ; ceci confirme l’influence des odeurs ambiantes sur l’altruisme.

Voilà qui est intéressant, mais quel rapport avec nos sociotopes ? Il se trouve que cet article est cité dans le blog « The Urban Cortex » (lien disparu], de Panos Marcos, chercheur en analyse spatiale à Londres, qui propose un article sur les odeurs dans les espaces publics. Pour l’auteur, « il est étonnant de voir à quel point des choses auxquelles nous n’attachons pas d’importance peuvent affecter notre expérience de la ville. Nous pensons d’habitude à l’architecture, à la qualité des trottoirs, au trafic, au bruit, mais rarement aux odeurs. A moins que nous ayons affaire à des odeurs désagréables et impossibles à ignorer, nous ne mesurons pas à quel point notre nez participe à notre vie quotidienne. Alors que l’on admet que des odeurs imperceptibles, comme les phéromones, jouent un rôle majeur dans la communication humaine, il serait intéressant de conduire ce genre d’exploration à l’échelle d’une ville [et c’est là qu’arrive la référence à l’odeur du pain frais].

Les couleurs, les stimulations visuelles et acoustiques sont souvent utilisées pour remédier aux côtés ternes de la vie urbaine, par exemple dans les transports, mais des approches plus subtiles faisant appel à l’expérience émotionnelle pourraient sûrement améliorer l’expérience des gens. Il serait passionnant de voir si les comportements urbains, de la politesse à l’impression de sécurité et de confort, peuvent être améliorés par des mesures simples comme de planter des herbes aromatiques dans des stations de métro, par exemple… »

Merci à l’urbaniste suédois Alexander Ståhle, qui m’envoie vers le blog d’un chercheur britannique, lequel m’envoie vers un article de journal américain, qui m’informe d’une étude universitaire réalisée à quelques kilomètres de chez moi et dont, pour autant que je sache, les médias n’ont jamais parlé ici.

Date de l’article d’origine : 23 janvier 2013

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