« L’homme fait la joie de l’homme »

Bon, ça dépend quand même des jours : avouons que ce genre de pensée ne nous vient pas spontanément dans les embouteillages ou les queues au supermarché, et admettons que l’Islandais qui a écrit ça au 13è siècle dans l’Edda, un recueil de poèmes, ne devait pas voir passer grand monde devant sa hutte de tourbe. Malgré tout, il doit y avoir un fond de vérité là-dedans si l’on en croit notre vénéré William H. Whyte lorsqu’il écrivait, à l’issue d’années d’observation des espaces publics, quelque chose comme « what attracts people, it seems, are other people » ; ce à quoi fait écho l’urbaniste Jan Gehl en déclarant « Il y a du monde parce qu’il y a du monde » ou à l’inverse, « Il n’y a personne parce qu’il n’y a personne ». William Whyte souligne d’ailleurs le paradoxe des enquêtes auprès des usagers, qui font ressortir des attentes d’isolement et de calme alors que les mêmes personnes ont tendance à fréquenter des endroits déjà bondés, comme si les valeurs liées à l’isolement étaient plus légitimes et avouables que la recherche de la compagnie de ses semblables.

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