L’ « urbanisme végétal » et les sociotopes

En 1993, l’Institut pour le développement forestier a édité un livre intitulé « L’urbanisme végétal » (322 p.), réalisé par la paysagiste Caroline Stefulesco.  Ce livre dormait dans ma bibliothèque, et en le ressortant il y a quelques jours, je le redécouvre et prends conscience du grand intérêt de ce travail. A travers une multitude de photos et de plans bien choisis, il montre comment le végétal a été utilisé au fil des siècles jusqu’à aujourd’hui pour produire des espaces urbains attrayants. Un des apports à mon avis les plus intéressants de ce livre réside dans le rôle joué par le végétal dans la planification urbaine : on s’aperçoit une fois de plus que les principes de base rappelés par la méthode des sociotopes (visibilité, accessibilité, dimensionnement, répartition homogène, diversité des « valeurs »…) étaient connus depuis longtemps. Il est bien sûr question d’Olmsted et de ses réalisations aux États-Unis, mais aussi du Français Jean-Claude-Nicolas Forestier (lui aussi présenté dans ce blog) ou encore du comte de Choulot, créateur de la cité-jardin du Vésinet.

Les parties 4 (« Les lieux de plaisir et de détente comme centres des développements urbains ») et 5 (« Le jardin, source d’inspiration pour la ville ») analysent plusieurs exemples réussis en France (Reims, Aix, Béziers, Toulouse, Nîmes) ou à l’étranger (Riverside, Ill., USA). La partie 6 (« Propositions pour réussir les opérations et programmes d’urbanisme végétal) donne des exemples modernes de projets urbains s’organisant autour de systèmes de parcs, d’espaces naturels ou de promenades, comme à Paris-Reuilly, Barcelone, Dijon ou Zoetermeer.

S’il est parfois de bon ton de trouver « datées » ou « dépassées » les approches de ces précurseurs, on est tout de même frappé par leur capacité à intégrer des fonctions très diverses des parcs et jardins et à prendre soin des gens. Il n’est évidemment pas question de « biodiversité », mais la manière de traiter les contacts avec les espaces naturels peut nous donner des idées à un moment où l’on se préoccupe des « liens ville / nature » – voir par exemple les dispositions imposées au Vésinet par Choulot pour favoriser les transparences des lisières de propriétés en contact avec les berges des lacs et des rivières.

On saura particulièrement gré à Mme Stefulesco d’être toujours attentive aux notions d’agrément et d’usages par le public, qui apparaît d’ailleurs souvent dans les illustrations, de privilégier la simplicité et de faire passer le « sens du lieu » avant le design – ce qui rend son livre bien plus intéressant et utile que certains luxueux ouvrages dont il fut question ici.

PS (10/7/2012) : ce livre semble avoir été réédité (après révision ?) chez Actes Sud sous le titre « Des arbres dans la ville : l’urbanisme végétal » et avec pour nom d’auteur Caroline Mollie.

Date de l’article d’origine : 25 juin 2012. Photo : le parc Monceau à Paris, source : Google Maps.

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