Au sujet des crottes de chiens

De même qu’Alexandre Vialatte estimait que « l’éléphant est irréfutable », nous pouvons considérer que « la crotte de chien est inéluctable », tant dans les espaces publics que dans les réunions publiques, où un jeu amusant peut être de parier sur le temps qui va s’écouler avant que le sujet arrive sur le tapis, si j’ose dire. Le fait est que si la « sortie canine » (ou plus justement « corvée de crottes ») représente une des activités les plus fréquemment observées dans les sociotopes, elle génère aussi de sérieuses contraintes sur les autres usages de l’espace par le public.

Un article de Pierre Barthélémy (29/4/2015), auteur de l’excellente chronique d’improbablologie publiée chaque semaine dans le cahier « Science  » du Monde, apporte un éclairage intéressant sur les crottes de chiens dans les espaces publics. Cet article se base sur une savante étude publiée dans la revue « Environmental Sociology » par un chercheur allemand qui y a consacré dix ans de son existence. Pierre Barthélémy nous explique que celui-ci « a pu construire une fascinante typologie comportementale, un jeu de rôles excrémentiel » selon le comportement qu’adoptent les maîtres à l’égard des déjections de leur chien – allant jusqu’à suspendre les sacs à crottes aux branches d’arbres des jardins publics, où ils forment de singuliers ornements. Qui aurait cru ça de nos vertueux et civiques voisins allemands ? Voilà donc un nouveau sujet d’observation sur la vie des espaces publics.

Article publié en 2015. Illustration : auteur indéterminé, malheureusement. Que cet anonyme soit malgré tout remercié pour cette image de bon goût.

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