Un béton si doux

Avant-hier, Apus nous a offert un bel article (Le « toucher » d’un sociotope) sur les qualités du « béton finement bouchardé au rouleau » pour la pratique des jeux d’enfants. Et hier, je découvre par hasard un texte qui traite exactement du même sujet. Il se trouve dans « Nous les filles », un beau livre de souvenirs d’enfance à Béziers, écrit en 1990 par Marie Rouanet (Presses Pocket n° 3668, p.78) :

« Comme il s’agissait de notre aire de jeu, nous étions très attentives aux travaux de cimentage. Nous venions voir les ouvriers occupés au coffrage, au lissage de la surface. Nous les regardions avec leurs rouleaux imprimer les petits points en creux si utiles pour nous empêcher de glisser (…). Nous supputions la couleur future du ciment : « Il sera beige pâle », « il sera gris ». Suivant la forme des traits nous disions « Il sera bien pour le palet à six », « ça sera une belle maison ». Nous aimions voir fabriquer ces marelles à demi tracées. Au début, bien sûr, le ciment ne serait pas assez lisse pour qu’y glisse le palet,  mais les pluies, les pas et le nettoyage le patineraient jusqu’à faire briller sa surface au soleil ». Et quel plaisir, tant que le béton n’est pas sec, de pouvoir y imprimer ses initiales : « Montrant un carré marqué d’un L, Lili pouvait revendiquer « Je suis chez moi ».

Date de l’article d’origine : 23 mars 2012

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