Le parking comme sociotope

Les parkings ont fait la « une » du New-York Times hier (ici), sous le titre « When a parking lot is so much more ». Il s’agissait d’une tribune de Eran Ben-Joseph, professeur d’urbanisme au MIT et auteur d’un livre intitulé «Rethinking a Lot : The Design and Culture of Parking ». Nos fidèles lecteurs savent que la méthode des sociotopes ne s’occupe pas des parkings, mais cela ne doit pas nous interdire de jeter à l’occasion un coup d’œil sur des thèmes périphériques comme celui-ci – d’autant que les cas limites ne sont pas rares, comme ces aires stabilisées en bordure d’espaces naturels, que les automobilistes doivent parfois disputer aux joueurs de boules le dimanche après-midi.

L’auteur part du constat que personne n’aime les parkings, mais qu’en attendant l’avènement d’un monde sans voiture, il va bien falloir faire avec, en essayant d’en tirer le meilleur parti – sachant qu’aux Etats-Unis, les 800.000 places de stationnement couvrent environ 11.300 km² (presque la superficie totale de l’Ile-de-France). Il signale que dans ce pays, les parkings sont parmi les espaces extérieurs les plus régulièrement utilisés par le public et qu’ils représentent des lieux d’interactions sociales – que ce soit pour faire des courses, tenir des marchés, manger, pratiquer des activités sportives comme le jogging ou le hockey de rue… ou encore pour des fêtes de supporters (apparemment, les Américains aiment faire ça sur des parkings près de leur voiture) ou des réunions nocturnes d’adolescents… Ils comptent parmi les rares espaces où voitures et piétons peuvent coexister.

De meilleurs parkings devraient prendre en compte et développer ces fonctions. Toutes les activités précitées suggèrent que le parking est un lieu tout trouvé pour des besoins auxquels les alentours ne peuvent répondre. Conçus avec davantage de soin, ils pourraient assurément devenir des espaces publics intéressants, participant à la vie de la communauté tout autant que des grands boulevards, des parcs ou des places. L’auteur donne en exemple l’aire de stationnement dessinée par Renzo Piano pour l’usine Fiat de Turin, où le parking et ses plantations d’arbres en lignes régulières créent un espace ouvert sans dénivellation, sous une agréable voûte de feuillages qui accueille les piétons aussi naturellement que les voitures.

Date de l’article d’origine : 27 mars 2012. Dessin : Sophia Martinek, New-York Times.

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