Créer des espaces publics dans les hameaux et villages

Vous connaissez beaucoup de livres en français qui nous expliquent comment créer des formes urbaines intéressantes et des espaces publics de qualité dans des hameaux ou des villages ? Pour ma part, ayant effectué des recherches bibliographiques infructueuses sur ce sujet il y a une dizaine d’années, je pense qu’il ne doit pas y avoir grand-chose. On pourrait considérer que la question ne présente pas un grand intérêt pratique, du fait des conditions de plus en plus rigoureuses posées au développement des hameaux et des villages. En réalité, on trouve dans nos campagnes des quantités d’agglomérats bâtis plus ou moins informes, dont certains hébergent davantage d’habitants que le chef-lieu de commune. Ces formes d’urbanisation, qui ont toutes en commun une absence de plan d’ensemble, auraient parfois grand besoin qu’on leur apporte ce qui leur manque – par exemple des espaces publics, des cheminements et de la vie sociale. Il y a là matière à développer des savoir-faire nouveaux.

Les Américains s’intéressent à ce sujet depuis un moment : en 1999, l’American Planning Association a édité un  livre de l’urbaniste Randall Arendt, intitulé « Crossroads, Hamlet, Village, Town / Design Characteristic of Traditional Neighborhoods, Old and New » (144 pages, ISBN 1-884829-33-3). Arendt est un promoteur du « conservation design », une formule que j’ai été incapable de traduire pour ce blog il y a quelques semaines, mais qui s’éclaire à la lecture du livre  il s’agit de concevoir des quartiers autour d’éléments naturels ou patrimoniaux à conserver (« designing around »). Son ouvrage est un véritable cours de composition urbaine, qui nous apprend comment implanter et dessiner des voies, des espaces verts, des cheminements doux, des terrains à bâtir… avec un souci d’économie d’espace, de promotion des activités de plein-air et de développement de la vie sociale.

Particulièrement intéressants sont les conseils relatifs à la conservation et à la gestion des ceintures vertes et trames vertes de villages, ainsi que l’annexe B qui relate des expériences d’urbanisme participatif (Community design workshop) à Hunterdon County, New Jersey. On y trouve notamment, pour un même secteur d’extension de village, un schéma « conventionnel » (avec un débitage du terrain en lots géométriques) et deux projets issus des ateliers (« creative development plans »), avec de la densité, de l’espace public, un espace agricole préservé, etc. Rien de sensationnel, juste du travail soigné à la portée de n’importe quelle collectivité chez nous, à condition de recourir aux services d’un encadrant-formateur expérimenté.

Photo du haut : un agglomérat bâti en campagne dans le pays de Retz (Loire-Atlantique). Qu’est-ce qu’on en fait ? On bloque toute urbanisation ? Ou on complète l’urbanisation, avec pour objectif principal d’offrir aux habitants de nouveaux services comme un espace vert, un terrain de jeux ou des cheminements piétons / vélos ? Image du bas, extraite du livre : la solution « business as usual » à gauche et une solution plus dense, mais avec du parc public, à droite.

Date de l’article d’origine : 22 mars 2012

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