Une petite histoire des parcs en réseaux

L’idée d’un réseau régional de parcs interconnectés est née au 19è siècle, tout particulièrement influencée par le Paris haussmannien avec ses parcs paysagers reliés par des boulevards plantés. Aux Etats-Unis, l’idée a été développée par Frederick Law Olmsted (dont nous reparlerons), dans des projets tels que le Collier d’Emeraude de Boston, sur lequel Olmsted travailla de 1878 à 1896. Les systèmes de parcs intégrés devaient offrir des compensations aux maux de la vie urbaine, qu’ils fussent réels ou perçus. Des systèmes extensifs de parcs devaient jouer un rôle dans l’émergence de nouvelles formes urbaines, associant ville et espaces paysagers.

Ces réseaux de parcs étaient l’occasion d’assainir des décharges d’ordures, de nettoyer des cours d’eau pollués et de restaurer des vallées. Ils étaient promus comme bénéfiques à la santé publique, et comme aménités permettant d’accroître la valeur des propriétés environnantes ainsi que le prestige d’une ville. La création d’un système de parcs signifiait que l’on entrait dans un nouvel âge, celui de l’aire métropolitaine. Le concept de parcs multi-fonctionnels formant des couloirs continus à travers un territoire acquit une grande influence aux États-Unis et en Europe.

A Stockholm, l’urbanisation rapide au début du 20è siècle conduisit à une augmentation de la demande de parcs et à la mise en place d’une planification régionale. L’architecte Holger Blom, chef du service des parcs en 1938, développa ce que l’on appela « l’école de Stockholm », mettant l’accent sur un dessin plus décontracté, une accessibilité à tous les habitants, la notion de lieu de rencontre et l’offre d’activités. Le plan régional à long terme pour le développement de la ville inscrivit un dispositif radial de « doigts » d’urbanisation le long des voies de transport, séparées par des couloirs verts (« wedges »)  avec des parcs.

L’approche « corridors-and-wedges » devint une notion de base de la planification régionale. Depuis la fin du 20è siècle, les bénéfices environnementaux des systèmes régionaux de parcs sont mieux connus, et appréciés à un plus juste prix.

Texte traduit et adapté de « The language of towns and cities », par Dhiru A. Thadani, ouvrage déjà présenté ici.

Image ci-dessus : le plan du système de parcs de Washington, tel qu’il se présentait en 1901. Il n’a cessé de se développer depuis. Cette notion simple ne pourrait-elle pas être reprise tout aussi bien à l’échelle de n’importe lequel de nos chefs-lieux de canton ?

Date de l’article d’origine : 21 février 2012

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