S’asseoir à l’extérieur (2) : des bancs c’est bien, des espaces bien dessinés c’est mieux

Continuons avec William H. Whyte (The social life of small urban spaces) : « Dans l’idéal, les sièges devraient être physiquement confortables : des bancs avec des dossiers, des chaises bien dessinées… Mais il est plus important qu’ils soient socialement confortables, ce qui implique de donner le choix entre s’asseoir face à face, dos à dos, côte à côte, au soleil, à l’ombre, en groupes, isolé… Ces possibilités de choix doivent être offertes dans le dessin de l’espace à la base. Même s’il est toujours possible d’ajouter des bancs ou des chaises, le mieux est d’offrir le maximum de possibilités de s’asseoir (sittability) dans le dessin des aménagements. Cela signifie par exemple de traiter les rebords, corniches, arases… de manière à ce que l’on puisse s’y asseoir, ou d’aménager des surfaces planes qui puissent servir aussi bien de sièges que de tables. On trouve pratiquement toujours de telles opportunités. Parce que l’on trouve des variations de niveaux dans quasiment tous les espaces urbains, il y a en général moyen de créer des niveaux séparés d’espaces plats. Il n’est pas plus compliqué de les rendre « asseyables » (sittable) que l’inverse.

C’est vraiment beaucoup de travail de créer un endroit désastreux : il faut faire des murets élevés, installer des barreaux, des surfaces rugueuses ou crénelées… tout ça pour que les gens ne puissent pas s’y asseoir. On peut économiser de l’argent en ne réalisant pas ce genre de choses.

C’est une des leçons de la place Seagram. On raconte que quand l’architecte Mies van der Rohe vit des gens assis sur les corniches, il fut très surpris ; il n’avait jamais imaginé que ça arriverait. Mais les architectes avaient misé sur la simplicité ; du coup, il n’y avait pas de barreaudages, pas de massifs d’arbustes, pas de changements de niveaux gratuits, pas d’ornementations pour encombrer l’espace. Les marches étaient larges et invitaient à venir. L’espace était éminemment « asseyable», alors qu’il n’y avait pas un seul banc ; mais on y trouvait 180 mètres de murets, marches ou corniches, ce qui se révéla tout simplement parfait pour s’asseoir, manger ou se prélasser au soleil ; les gens en utilisent la totalité. »

Date de l’article d’origine : 13 janvier 2012. Photo du haut : W.H. Whyte. Photo du bas : bien loin de Seagram Plaza, une place à Treignac (Corrèze).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s