Les arbres, avec modération

Lisant dans un journal un article sur la reprise récente de l’émigration italienne en France, je tombe sur les mots suivants : « Les détails disent mieux que les statistiques la douleur jamais effacée du déracinement : la peur devant les arbres profus et oppressants d’Ile-de-France, pour Maria qui n’avait connu que les pins et les oliviers du Salento ». Cela me rappelle un article publié dans ce blog au sujet des immigrés et des sociotopes, dans lequel il était question de la crainte ou au mieux du désintérêt des immigrés du Moyen-Orient à l’égard des sombres sapinières d’Europe du nord,  tellement prisées des autochtones. Je me rappelle aussi avoir moi-même éprouvé ce sentiment d’oppression en visitant les quartiers dits « sensibles » de Tremblay-en-France, par un jour pluvieux où les futaies enveloppant les bâtiments entretenaient une ambiance ténébreuse assez désagréable (voir photos).

D’où l’idée que les arbres autour des quartiers habités, c’est quelquefois bien aussi avec des clairières, de l’herbe, de la lumière… Encore faut-il, pour créer de telles ouvertures là où elles font défaut, pouvoir échapper au régime des espaces boisés classés (article L 130-1 du code de l’urbanisme), qui interdit d’enlever le moindre arbre et tend de ce fait à restreindre très fortement les possibilités de gestion des boisements. C’est ainsi au nom d’une conception rigide du « touche pas à mon arbre » que l’association La Sauvegarde de l’Anjou a obtenu l’annulation du PLU intercommunal d’Angers par jugement du tribunal administratif de Nantes du 21 avril 2009, au motif que l’agglomération avait « sorti » les parcs urbains du régime des espaces boisés classés pour leur appliquer le régime plus souple des éléments paysagers protégés (art. L 123-1-7). Ce que l’association considérait comme un « tour de passe-passe » annonciateur de sinistres projets n’était peut-être (probablement ?) qu’une tentative de favoriser l’adaptation des parcs et bois péri-urbains aux besoins des usagers. Mais on peut aussi comprendre que dans une grande agglomération, tout allégement des protections accordées aux espaces naturels peut susciter la méfiance.

Date de l’article d’origine : 13 décembre 2011

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