Le camping comme sociotope

Un terrain de camping n’est sans doute pas un sociotope au sens où l’entend le « Manuel des sociotopes », notamment parce qu’il s’agit d’un espace normalement fermé à la fréquentation du public général. Pourtant, il n’est pas interdit de le considérer sous cet angle, lorsque l’on voit de quelle manière les campeurs s’installent et vivent ensemble sur un territoire qui ressemble parfois beaucoup à un espace vert.

Beaucoup de campeurs sont plus attentifs à l’implantation de leur tente qu’à celle de leur maison. En effet, cette dernière est souvent dictée par diverses règles (notamment les marges de recul définies par le PLU), qui réduisent l’initiative du constructeur. En camping, en revanche, et pour peu qu’il ait le choix de l’emplacement, le campeur arrivant se livre en quelques minutes à une impressionnante analyse multicritères qui intègre pêle-mêle la vue, l’intimité, la pente, l’orientation par rapport au soleil levant (important pour le séchage matinal), le vent, la présence d’arbres (pratiques pour la corde à linge), la proximité d’un point d’eau et des toilettes, la densité et l’épaisseur de l’herbe, la profondeur du sol, l’aspect des voisins (préfère-t-on des cyclo-randonneurs néerlandais, des ados à guitare, des Bidochons à camping-car ?), et j’en passe. Le choix de l’emplacement de camping, au même titre que le barbecue, fait partie de ces activités qui nous permettent de renouer, le temps d’un été, avec la vie simple et nomade du chasseur néolithique.

La vie sociale dans le camping est un autre thème tout à fait passionnant sur lequel tout a sans doute déjà été écrit. Je me contenterai de mentionner que l’observation des autres, et les commentaires qui en découlent, sont une activité très prisée des adultes, tandis que les enfants, indifférents aux barrières culturelles et linguistiques, ont vite fait de monter des équipes internationales de foot pour taper le ballon là où il reste de la place.

 Photo du haut : un camping en Suisse. Image du bas : Lucky-Luke « Les Collines Noires », par Morris et Goscinny, Dargaud 1963.

Date de l’article d’origine : 1er août 2011… après des vacances en camping.

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