A l’ombre du bois d’Amour

Puisqu’il vient d’être question de bois d’Amour, voici dans l’Isère un bel exemple d’aménagement d’un bois d’Amour en lieu de plaisirs « à mettre entre toutes les mains » :

« Lorsque la Communauté du Pays Voironnais décide en 2006 de réhabiliter le site du Bois d’Amour, le pari n’est pas gagné. Certes, la promenade de 800 m en bordure du lac de Paladru est magnifique : des eaux turquoises façon lagon, un ombrage délicat pour les chaudes journées d’été, un accès facile entre Lyon et Grenoble… et une fâcheuse tendance à concentrer les papiers gras et incivilités en tous genres.

Deux années seront nécessaires pour définir le projet.   Comment le site vit-il actuellement et quelle vocation souhaite t-on lui donner ? Le parti pris sera d’observer les comportements spontanés, d’imaginer les aménagements et services possibles au travers de ce prisme (voilà pour l’aspect « sociotopes »), mais également de faire entrer un acteur de premier plan complètement oublié jusque là : le lac et ses caractéristiques environnementales fragiles. L’objectif sera donc de créer un lieu de détente en valorisant le milieu plutôt qu’en le dégradant, et si nécessaire d’orienter certaines pratiques. Il ambitionnera, à sa mesure, de prendre en compte le confort des usagers, d’inciter à la mixité des publics, de faire du simple, du délicat, et pas seulement du solide en acier trempé qui résiste à tout sauf à l’envie de se poser pour y passer un moment.

 Un an et demi de travaux seront nécessaires pour passer de l’idée à la réalisation. Au programme : reprise des berges pour limiter l’érosion avec action expérimentale de replanter une roselière pour aider à la nidification des oiseaux et à la reproduction des poissons… mais aussi comme barrière naturelle et pédagogique pour éviter la baignade sauvage sur certains linéaires. Cinq ans plus tard, la roselière a déjà belle allure. Création de sanitaires, d’un petit espace « snacking terroir », de deux grands belvédères en surplomb des eaux, de jeux pour les enfants, de tables, de bancs… : rien de bien extraordinaire, mais la métamorphose est suffisante pour que le public réponde favorablement à l’appel. Il s’agit aujourd’hui d’un lieu réinvesti par toutes sortes de gens :  des jeunes après l’école, des grands parents missionnés à garder leurs petits-enfants en passant par la tribu familiale du village ou en vacances dans un camping. Des groupes d’handicapés viennent aussi régulièrement. Seul bémol : les barbecues collectifs ont dû être retirés, victimes de leur succès… trop de fumée par rapport à la superficie du lieu ! Mais la demande est toujours là et les cogitations se poursuivent pour pouvoir y répondre.

Tout n’est pas parfait en ce qui concerne les dégradations, un entretien est nécessaire, mais les comportements sont sans commune mesure avec les pratiques antérieures. Il y a aujourd’hui un respect du lieu, et même une certaine fierté locale par rapport à celui-ci (ce qui nous renvoie à la notion, déjà évoquée dans ce blog, du sentiment de fierté comme indice d’évaluation de la qualité des espaces publics). Cette initiative a également ranimé un projet plus vaste de créer une voie verte le long de la rive Est du lac. A suivre… »

Merci à Nathalie Queroué et à Bruno Barré / CC du Pays Voironnais. Photos : CC du Pays Voironnais.

Date de l’article d’origine : 2011

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