Chiffrer les surfaces d’espaces verts : pas si simple !

Les collectivités aiment bien communiquer sur leurs superficies d’espaces verts, surtout lorsque les chiffres apparaissent flatteurs (cf. par exemple Angers avec ses 40 m² d’espaces verts par habitant). On peut toutefois se demander comment ces chiffres sont obtenus et s’il existe quelque part une normalisation de la méthode de calcul, permettant des comparaisons fiables d’un territoire à l’autre. On constate par exemple que les espaces verts privés sont parfois inclus dans le calcul, ce qui peut présenter un intérêt sous l’angle écologique par exemple, mais pas sous celui de l’usage social.

Des travaux précis ont été effectués sur ce sujet (cf en rubrique « ressources » : « La desserte en espaces verts », IAU, 2009), avec l’aide d’outils cartographiques performants ; mais ils ne permettent pas toujours de bien comprendre les critères mis en œuvre. A titre d’exemple, on s’interroge sur la manière de comptabiliser les espaces verts de lotissements, qui peuvent être de toutes tailles et avoir des degrés variables d’ouverture au public. A mesure que l’on descend vers des espaces de petite taille ou vers des éléments linéaires (chemins), les difficultés s’accroissent. Et à l’autre bout de l’échelle, que faire d’espaces de campagne à statut essentiellement privé, mais où des tolérances d’accès  (notamment au niveau des bois) permettent un usage par le public ?

Ces interrogations peuvent alimenter des débats locaux parfois vifs. A Bagneux, par exemple, la comptabilisation des espaces verts par une association locale (ici) aboutit au chiffre de 23 ha, nettement en-deçà du chiffre officiel de 47 ha. Compte tenu des réductions de surfaces programmées et des objectifs de croissance de population, l’association en conclut que la surface disponible par habitant (4,8 m²) sera très inférieure aux préconisations de l’OMS (12 m² à moins de 300 m).

Enfin, on notera qu’une requête sur un moteur de recherches avec l’expression « m² d’espace vert par habitant » fait apparaître un grand nombre (presque une majorité) de réponses dans les pays du Maghreb, témoignant du fait que la carence de l’offre constitue là-bas un problème d’actualité dont les autorités semblent vouloir se préoccuper.

Illustration : une comparaison de l’offre d’espaces verts dans différentes villes du monde, en couverture du livre « L’homme et la nature » de Michel-Hervé Julien (1966).

Date de l’article d’origine : 25 février 2011

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